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| L'abstention de Le Pen est un mauvais coup contre la France, et le FN... |
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Le 30 avril au soir, je m'interrogeais:
Le Pen entendra-t-il durant la nuit la voix de la France, celle de Jeanne d'Arc, et appellera-t-il à voter pour elle, comme il l'avait fait avec raison en 1981?
Certes, il s'est trompé presque sur tout ces derniers mois. Certes, il est redevable de quelques "services" à lui rendus par le Bokassa blanc.
Il se prétend homme d'Etat (ou il en a rêvé)...En apportera-t-il l'illustration ce mardi? Ou bien le "patriote" fera-t-il voter, d'une "petite phrase", pour le candidat de l'étranger, celui de Giscard et celui de Simone Veil?
Finalement, il n'a pas été jusque là, appelant à "une abstention massive", qui, de fait, favorise Sarkozy, encore une fois...
Le Pen m'a toujours reproché de "mettre le doigt là où ça fait mal". Encore une fois, il va être servi.
Car, s'il a donné l'apparence de placer sur un même plan Royal et Sarkozy, il a continué à faire preuve d'une grande pusillanimité à l'égard de celui-ci, lui reprochant principalement de "continuer à le traiter comme un extrémiste et de refuser à permettre la proportionnelle".
On retrouve là les propos d'un petit boutiquier poujadiste, pas d'un homme d'Etat. Imagine-t-on de Gaulle s'abstenant dans d'aussi graves circonstances et devant la menace mortelle que fait peser sur la France la possible élection d'un agent de l'étranger? Ce que regrette simplement Le Pen c'est que, faisant désormais parti du "système", il ne soit pas parvenu à en tirer le moindre "brevet de respectabilité" (son obsession), ni le moindre avantage pour lui et ses plus proches...Encore que...
Nouveau Ponce Pilate devant les grands malheurs qui guettent la France (guerre à l'extérieur avec les commanditaires américains et israéliens de Sarkozy, guerre civile à l'intérieur avec les mêmes), Le Pen était "tenu" de s'abstenir. Et il a obtempéré. Attitude peu courageuse, et pour tout dire indigne et déshonorante.
Il avait cependant, avant le premier, tour publié une poignée de communiqués de presse montrant qu'il savait parfaitement qui est Sarkozy, et qu'il était donc impossible de voter pour celui-ci au premier comme au second tour, ni jamais.
Extraits:
Le 15 janvier 2007:
"Nicolas Sarkozy peut bien répéter près de 80 fois le mot France dans son discours, et exalter "l'amour de la France et la fierté d'être français", cela ne peut cacher le fait qu'il travaille en réalité à la disparition de la France dans un conglomérat euromondialiste.
Les citoyens, qui ont su rejeter la Constitution européenne, ne seront pas dupes de ce langage démenti par les faits."
Le 7 février 2007:
"C'est un tournant dans la campagne: Nicolas Sarkozy a décidé de se mettre au service d'Angela Merkel, et non de la France (...) Nicolas Sarkozy ne tient aucun compte du referendum de 2005. Il se moque de la volonté exprimée démocratiquement par les citoyens (...) Il n'est pas candidat à la présidence de la République française, il est l'homme de main de l'européisme destructeur des souverainetés nationales"
Le 27 avril 2007:
"Les citoyens peuvent dès aujourd'hui constater que Nicolas Sarkozy n'est pas un "Le Pen light", mais qu'il est le contraire de Le Pen (...) Le candidat de l'UMP exclut tout referendum, au motif, souligne-t-il, que s'il est élu il n'aura plus besoin d'avoir l'opinion du peuple!
Il ne précise pas s'il a l'intention de supprimer l'article 11 de la Constitution. Il est vrai que c'est sans importance, puisque la Constitution française sera quasiment caduque quand il aura imposé la nouvelle mouture de la Constitution européenne. Sans demander son avis au peuple souverain."
La mémoire de ces seuls propos auraient dû suffire à lui commander de faire barrage à Sarkozy au deuxième tour.
En2004, Le Pen m'avait dit au téléphone après les régionales: "Ecoute, vieux, je n'y peux rien si les électeurs sont des cons...". Et, effectivement, il y a déjà les lepénistes cocufiés du premier tour qui ont voté Sarkozy. Il y aura aussi les futurs cocus du deuxième tour, 55 à 60% des électeurs de Le Pen du premier tour disent les sondeurs. Comment est-ce possible?
Lors d'un déjeuner à Nice, au début de l'été 2005, j'ai dit à Le Pen: "Président, nous devons absolument préparer une campagne vigoureuse contre Sarkozy dès maintenant, nous n'aurons pas trop de 21 mois!". Réponse évasive de Le Pen: "Oui, oui, bien sûr....mais il faut faire attention...". Attention à quoi? Mystère! Après plusieurs entretiens en 2006, j'ai compris qu'il ne voulait rien dire, ni faire de sérieux sur le sujet. Il n'a jamais voulu attaquer Sarkozy sur le fond, le résultat est là, désastreux pour le Front.
A l'Opéra encore, ce 1er mai, il s'est félicité que la "lepénisation ait contaminé le corps politique français" et a constaté, amérement sans doute: " Sarkozy a surfé sur le triomphe de nos idées". Il a dénoncé à nouveau "un hold-up sur notre programme par Nicolas Sarkozy". Mais toujours rien sur le fond.
Or Le Pen sait parfaitement qui est Sarkozy. Il connaît les résultats du vote des Français de l'étranger, qui sont parfaitement significatifs: en Israël, Sarkozy a obtenu 84,5% des voix (Royal, 8,4%); aux Etats-Unis, Sarkozy a obtenu 49% des voix (Royal 24%).
Il sait que toute la campagne de Sarkozy a été fondée sur des mensonges éhontés, destinés à tromper et à cocufier pour la nième fois des électeurs sous-informés ou oublieux.
En réalité, le "programme" de Sarkozy exposé ces derniers mois est exactement le contraire de ce qu'il pourrait faire si, par malheur pour la France, il accédait à l'Elysée. Le contraire de tout ce que l'on sait de sa vie, de ses déclarations, de ses relations...
Sarkozy s'est entouré de Simone Veil (1) et de Giscard d'Estaing, le rédacteur de la "Constitution" européenne rejetée par une majorité de Français. Il fallait oser! Mais ces gens là osent tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît...
Et les électeurs de Le Pen ne l'ont pas vu, ne le voient pas...Parce que Le Pen ne leur a pas montré!
Il s'est livré ce 1er mai à un long rappel historique sur Jeanne d'Arc. Mais il n'a pas dit que l'évêque Cauchon, aujourd'hui, c'était Sarkozy, chargé de liquider les derniers restes de la résistance française.
Car il faut le rappeler une nouvelle fois, et Le Pen le sait parfaitement: Sarkozy est commandité par ses sponsors états-uniens et israéliens pour briser la résistance française à la mondialisation financière, pour briser la résistance française à la nouvelle vague d'immigration prévue par leur relais bruxellois (30 millions de nouveaux immigrés supplémentaires en quelques années!), briser l'identité française grâce à la Constitution européenne que l'on imposera aux Français cette fois par la voie parlementaire où régnera le parti unique-Ump, et briser enfin, et naturellement, la "politique arabe de la France"...
A partir de là, Le Pen sait bien qu'il n'y a pas photo entre la politique que pourrait inspirer Ségolène Royal et celle que Sarkozy serait chargé d'appliquer. Entre ces deux candidats, il ne s'agit pas d'une différence de degré entre leurs politiques, mais d'une différence de nature.
Le Pen souhaite-t-il le malheur de la France?
Dans la situation, en réalité dramatique, où nous sommes, s'abstenir serait irresponsable. Aux "gens du Front", il faut rappeler qu'elle n'imposera pas, elle, une nouvelle "Constitution" européenne sans referendum; qu'elle instaurera, elle, une bonne dose de proportionnelle; qu'elle s'est engagée, elle, à assurer la continuité de la politique étrangère de la France.
"Nous avons subi un revers de circonstance" a déclaré benoîtement Le Pen ce 1er mai. Avec Sarkozy, n'en doutez-pas, ce revers serait définitif. Disposant des pleins pouvoirs, le FN lui sera totalement inutile et il le liquidera très vite en achetant une quinzaine de hiérarques parisiens du FN (qui d'ailleurs sont à vendre depuis longtemps) avec les sinécures qu'il aura à discrétion pour ses copains et coquins.
Beaucoup sont convaincus déjà, mais chaque voix peut être décisive le 6 mai au soir, j'appelle donc tous les cadres, tous les militants, tous les électeurs "nationalistes" à voter sans l'ombre d'une hésitation, et à faire voter Ségolène Royal. Ce sera un vote de raison, un vote pour éviter le pire à notre pays. "Le nationalisme, c'est l'amour de la nation" a rappelé Le Pen place de l'Opéra
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