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| La guerre commence demain au Kossovo |
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Donc les dés sont jetés. Poussée par les Etats-Unis la minorité albanaise du Kossovo « proclame son indépendance » ce 17 février. Bruxelles envoie la mission illégale « Eulex » chargée de se substituer en quelques semaines à l'Organisation des nations Unies (ONU) et d'encadrer cette sécession. C'est la suite logique du dépeçage américano-occidental de la Yougoslavie, de l'agression contre la Serbie et de l'occupation militaire du Kossovo-Métochie par l'Organisation du Traîté de l'Atlantique Nord (OTAN) en juin 1999. Adoptée après les accords de Kumanovo signés par Slobodan Milosevic et qui consacraient le cessez le feu la résolution 1244 de l'ONU a été violée par la partie occidentale sur trois points:
1)Elle prévoyait la présence d'une force de sécurité serbe qui n'a jamais été autorisée à revenir au « Kosmet » (1). En 2000 c'était « trop tôt ». Aujourd'hui c'est « trop tard ».
2)Elle stipulait l'organisation par la MINUK (ONU) du retour des 250.000 réfugiés serbes et des minorités non albanaises. Ce retour a été sciemment saboté, l'occupant espérant ainsi dissuader les derniers Serbes demeurant malgré la menace et l'insécurité au nord de la rivière Ibar et dans les « enclaves » (2) de s'accrocher aux derniers arpents de terre de leurs ancêtres. Malgré cela 120.000 Serbes survivent encore dans ces enclaves.
3)Enfin et surtout la résolution 1244 garantissait que le Kosmet doté d'un système d'autonomie interne resterait sous la souveraineté de la Serbie. La résolution 1244 de l'ONU a donc été violée sur trois points essentiels par les mandataires onusiens et les puissances occupantes chargés de la faire appliquer.
Le cadeau du berceau historique du peuple serbe à la Mafia albanaise (3) est ressenti lui aussi comme un viol de la conscience collective autant que comme le vol d'une partie du territoire. Intervenant après une série de diktats occidentaux ce dernier coup de poignard dans le dos aura des conséquences politiques incalculables au dedans comme au dehors.
Au dedans malgré la victoire sur le fil du « pro-occidental » Boris Tadic à la présidentielle présidentielle anticipée (au deuxième tour le 3 février) les forces nationalistes se renforcent et approchent du pouvoir. Il n'a manqué que 2% des voix au Radical Tomislav Nicolic pour l'emporter. Des élections municipales et législatives proches devraient permettre au Srpska Radikalna Stranka, le Parti Radical Serbe (SRS) qui dispose de la première formation parlementaire d'augmenter encore le nombre de ses députés et, qui sait, avec ou sans le groupe socialiste, de former une nouvelle majorité. En Serbie le choix du premier ministre (qui dispose de pouvoirs plus étendus que le président) incombe au Parlement. A Belgrade chacun s'accorde à dire que la victoire de Tadic est « une victoire à la Pyrrhus ». Parrainé par ses amis occidentaux le vol du Kossovo va diminuer l'influence de son Parti Démocratique. C'est pourquoi l'Occident souhaitait l'élection présidentielle « avant ».
Kossovo, boîte des Pandore des séparatismes en Europe
Au dehors la séparation illégale du Kossovo va stimuler des revendications similaires en Macédoine et au Monténégro qui contiennent de fortes minorités albanaises. La Macédoine est déjà une entité coupée en deux depuis les accords d'Ohrid qui ont donné en août 2001 les plus larges pouvoirs aux Albanais. Mais cela ne leur suffit pas. Ils le disent ouvertement, ils veulent unifier les « territoires ethniques » qu'ils ont dessiné sur leurs cartes, des territoires hors de l'Albanie qui empiètent sur quatre pays, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et la Grèce. En Serbie, outre le Kossovo-Métochie ils veulent la région de Mevedja-Bujanovac-Presevo. Au Monténégro ils demandent des districts autonomes à Plav et Gusinje et sur la côte adriatique à Bar et Ulcinj. En Macédoine ils font passer leur « frontière ethnique » à Kumanovo, Skoplje et Bitola. En Grèce ils revendiquent la Chamérie, entre Florina et Igoumenitsa et l'île de Corfou. Se présentant comme les pionniers d'un « nouvel Israël » ils se disent que l'Oncle Sam et l'Europe tenue en laisse ne leur refuseront rien. Au vu des événements de ces dernières années ils ont quelques raisons d'y croire. D'autant plus que leur lobby aux Etats-Unis alimente les caisses des prétendants à la présidence. McCain est actuellement l'un des grands bénéficiaires des dons de cette Mafia albanaise qui distribue 80% des drogues dures en Europe. Avec les Israéliens les irrédentistes albanais sont les seuls à la surface de la planète à agiter à côté de leur drapeau la bannière étoilée des Etats-Unis. On trouve au Kossovo occupé des « rues Bill Clinton », « Madeleine Albright », « Wesley Clark », « George Bush » ainsi que des « rues de l'OTAN » En entrant à Pristina chacun peut voir une copie kitch de la statue de la Liberté.
Le démantèlement de la Yougoslavie a transformé ses ex- républiques en autant d' « Etats » nouvellement intégrés dans l'américanosphère et permis d'y porter au pouvoir les plus serviles employés. L'Organisation du Traîté de l'Atlantique Nord, l'OTAN, qui avait trouvé dans le drame yougoslave un prétexte pour continuer à exister et à intervenir, devait s'en servir pour s'étendre à l'Est et y implanter de nouvelles bases militaires proches de l'Adriatique, de la mer Egée et de la mer Noire. Avec ses 36 km2 Camp Bondsteel, près de la frontière macédonienne, qui veillera à la sécurité du Corridor n°8 et en particulier à celle du nouvel oléoduc américain mer Noire Adriatique, Albanian Macedonian Bulgarian Oil - AMBO , est la plus grande base militaire US de la région.
Mais le Kossovo n'avait jamais été une république, tout juste pendant quelques années une région autonome. Alors qu'est-ce qui a poussé les Américains à vouloir détacher de la Serbie une région grande comme deux départements français et à la donner aux Albanais? D'abord l'intérêt présenté par le caractère perturbateur d'une population, comme les Kurdes, à cheval sur des Etats dont l' américanisme global nie la souveraineté et redoute la nature. Sans doute l'intérêt de contrôler de petits Etats côtiers allant dans le sens du vieux tropisme maritime anglo-saxon. Entre Trieste et Thessalonique, en effet, le nombre de micro Etats et d'entités clientes a augmenté. A l'intérieur des terres, les Serbes, Slaves et orthodoxes, paient leur « mauvais » profil continental et leur parenté en civilisation avec la Russie. Leur mémoire vivante, leur attachement à la geste épique des ancêtres (Bataille de Kossovo) fait que Brooklyn les déteste. Il fallait leur interdire l'accès à la mer. Avec le détachement du Monténégro c'est fait. Mais « le job n'est pas fini » (Généal Klein). Il faut continuer à rogner au maximum leur espace territorial. Un « Centre culturel américain » s'est installé au Sandjak de Novi Pazar qui n'en avait pas besoin et les ONG anglo-saxonnes se montrent hyper actives dans la riche Vojvodine. Mais à ceux qui réclament l'indépendance de la Republika Srpska en Bosnie dans la perspective d'un rattachement à la Serbie après celle octroyée aux Albanais les administrateurs américano-occidentaux répondent que c'est impossible, que « le Kossovo est un cas à part » (...). Les Serbes doivent rester soumis à la Bosnie musulmane.
« Quand j'entends Kossovo je pense au Caucase » (Vladimir Poutine)
Quel projet inavouable peut donc avoir poussé les Etats-Unis à soutenir les revendications les plus folles d'un groupe ethnique fruste et prolifique au taux de natalité le plus élevé du continent? La réponse peut être ici: les projections démographiques de la CIA considèrent l'élement albanais comme un relais futur de l'avancée turque en Europe. Avec l'autre relais bosniaque il devrait former la « diagonale verte » du nouvel « empire ottoman » au service de Washington. Empêcher l'Europe d'être européenne et la Russie de descendre vers les mers chaudes, tel est le rôle géopolitique assigné aux supplétifs de la « Grande Albanie » et de l' « Islam américain ».
Multiplier le nombre de micro-Etats entre Méditerranée et mer Noire c'est rendre l'Union Européenne impossible à « gérer » sauf pour les banques et les ONG. La « prolifération étatique » n'est-il pas le meilleur moyen d'empêcher l'Europe politique de voir le jour? Le fait que les Albanais soient en majorité musulmans permet enfin de faire croire que Washington est l'ami des musulmans.
Par la voix de Sergueï Lavrov la diplomatie russe s'en est émue. L'indépendance octroyée à un Kossovo qui ne détient aucun des critères retenus pour former un Etat est non seulement contraire aux critères établis du droit international mais encore elle risque d' ouvrir la boîte de Pandore dans le monde. Et d'abord d'exploser à la figure des Européens. Au sein même des membres de l'Union européenne certains pays ont fait savoir qu'ils refuseraient de reconnaître la nouvelle entité illégale. D'autres se font tirer l'oreille par Washington. La Roumanie craint, comme la Slovaquie, une revendication hongroise. La Bulgarie une revendication turque. Chypre ne voudrait pas que la partie occupée par la Turquie et reconnue par ce pays et l'Azerbaidjan seulement n'en profite pour devenir un Etat reconnu sur la scène internationale. Des réticences se sont exprimées en Espagne et en Italie. Pourquoi le Pays Basque et la Catalogne pour l'une, le Sud Tyrol (Haut Adige) et le Val d'Aoste pour l'autre n'en profiteraient-t-ils pas pour émettre les mêmes exigences? Ne parlons pas de la Flandre et de l'Ecosse qui possèdent tous les attributs de la souveraineté, la richesse, les cadres et le savoir faire avec.
Ensuite cette décision pose le problème des « conflits gelés ». Vladimir Poutine l'a dit publiquement l'an dernier: « Quand j'entends Kossovo je pense Caucase ». En Moldavie, en Géorgie et en Azerbaidjan d'anciens districts autonomes de l'ex Union Soviétique aspirent à une indépendance refusée par la « communauté internationale ». Ces entités qui gênent les postes avancés des Etats-Unis dans l'aire d'expansion naturelle de la Russie (4) disposent de tous les attributs de la souveraineté. Elles ont un territoire qu'elles contrôlent entièrement, un Etat, un gouvernement, un parlement, une constitution, des forces de sécurité et une monnaie. Elles ont élu leurs représentants à tous les niveaux et répondu massivement « oui »aux référendums approuvant l'indépendance. Au flanc de la Moldavie, sur la rive gauche du Dniestr, la Transnistrie (en russe « Pridnestrovié ») répond à tous les critères d'un Etat, comme l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud en Géorgie et comme le Haut Karabakh (en arménien « Artsakh ») en Azerbaidjan. Avec 550.000 habitants la Transnistrie n'est pas plus ridicule que le Monténégro, à peu près le même chiffre de population, qui s'est vu conférer il y a quelques mois le statut d'Etat à part entière avec siège à l'ONU par ses tuteurs euro-atlantistes. Quant au haut Karabakh, avec presque 14.000 km2, il est aussi grand que le Monténégro et plus grand que le Kossovo.
D'autres territoires sont en train en ce moment de se doter de structures affirmant leur auto-détermination, dans le but ultérieur de se détacher de l'unité politico-administrative dont ils dépendent. C'est la cas de la Crimée russe en Ukraine et du Javakh arménien en Géorgie. Certains éléments de la Fédération de Russie elle-même pourraient se sentir stimulés par l'exemple du Kossovo et poser des problèmes à l'Etat russe. Plus près de nous, Etat unitaire refusant de reconnaître l'existence des ethnies par l'artifice du concept de « citoyenneté », la France non plus n'est pas exempte de revendications à caractère politico-religieux qui pouraient prendre une forme territoriale, conséquence d'une politique d'immigration colonisation de peuplement sans contrôle, et dispose de tous les ingrédients pour voir surgir un de ces jours, et plus tôt qu'on ne le pense, non pas un mais deux, trois voire quatre Kossovos sur son propre territoire. A ce moment là les Français comprendront (mais un peu tard) comment s'est exercé le processus de mise en minorité des Serbes dans leur province du Sud (immigration-colonisation de peuplement, absence de contrôle des flux migratoires, guerres, exodes, substitution de peuple et occupations étrangères).
Les Serbes, Palestiniens de l'Europe
Justement en la plaçant à la tête du peloton de reconnaissance de la nouvelle entité illégale albanaise de « Kosova » Sarközy et Kouchner font encore une fois jouer un rôle politique crapuleux à une France qui, après avoir bombardé la Serbie en 1999, continue à la trahir en accentuant son obscène posture de larbin des Etats-Unis.
On mesure là en Yougoslavie la nocivité des formules du « multiculturalisme », du « multi-ethnisme » et du « sansfrontiérisme », politiques au service de l' Empire global dont un Kouchner, ancien gouverneur du Kossovo occupé, est l'un des principaux acteurs avec ses collègues et amis américains Soros, Abramowitz, Solomon, Albright et leur myriade d'ONG travaillant pour Washington, Londres et Bruxelles. Ces politiques, le laboratoire yougoslave en témoigne, conduisent à la guerre civile ethnique, à l'ingérence étrangère, à la partition du territoire et à la perte de souveraineté étatique. Prétendant ouvrir les frontières pour faciliter l'émancipation des peuples par l'économie moderne et le règne de la marchandise elles multiplient en fait les frontières et le morcellement, imposent la domination capitaliste transnationale et remplacent les Etats-nations anciens par des micro-Etats soumis à une seule puissance, celle du gouvernement mondial aux mains du très petit groupe soi disant prédestiné à la direction de la planète. Contre ce financiérisme et ce néocolonialisme sanglants de l'oligarchie mondialiste basée à Washington, Londres et Bruxelles et dont le projet est l' « intégration euro-atlantique » et le bras armé l'OTAN les résistances nationales à venir, comme la Résistance serbe, vont désormais se développer en synergie avec la Résistance globale qui se profile en Europe et dans le monde avec le même ami et contre le même ennemi. En Serbie à partir d'aujourd'hui la seule voie de l'action politique classique est révolue. Les Serbes sont les Palestiniens de l'Europe. Tout indique que la Guerre, une « guerre sans chefs » et « hors limites » contre l'Empire global, commence demain au Kossovo. ___________________________
(1) Kosmet: contraction de Kossovo et Métochie. Métochie, territoire entre Pec et Prizren, signifie la terre des monastères.
(2) Il s'agit des villes de Kosovska Mitrovica Nord, Zvecan, Leposavic et Zubin Potok qui, avec quelques autres localités, forment un territoire compact adossé à la Serbie. Des dizaines d'enclaves substantielles parsèment par ailleurs le territoire. Les principales sont celles de Gracanica (au monastère du même nom) et de Strpce-Brezovica ainsi que des enclaves plus modestes (Partes, Velika Hoca, Gorazdevac etc). Enfin les grands monastères du Patriarcat de Pec et de Visoki Decani sont complètement isolés.
(3) Pratiquement tous les interloculteurs politiques albanais des Occidentaux appartiennent à la Mafia albanaise qui se scinde en deux, celle du Kossovo et celle de l'Albanie proprement dite. Structurée par les services secrets anglo-américains et allemands (CIA, MI6, BND et MAD) à partir des noyaux terroristes formés par la Sigurimi marxiste-léniniste de l'Albanie d'Enver Hodja pour entretenir la tension en Yougoslavie,l' « Armée de Libération du Kossovo » (UCK) de Hacim Taci, Agim Ceku et Ramuz Haradinaj, aidée par les Sociétés Militaires Privées (SMP) MPRI et DynCorp (et aujourd'hui par Blackwater) devait obtenir le plein soutien des démocraties occidentales, de la Turquie et de la majorité des pays arabo-musulmans, l'Arabie Séoudite en tête. Dans l'aire arabo- musulmane les pays baathistes (Irak, Syrie) ainsi que la Libye et l'Algérie furent les seuls à condamner les activités de l'UCK. Grand pays musulman, l'Indonésie victime du vol du Timor a condamné la sécession albanaise.
(4) réunis dans le GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaidjan, Moldavie).
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