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| Sarkozy? Un "dourak" pour Poutine. Retour sur la diplomatie burlesque du gouverneur... |
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A l'issue de l'un des trois entretiens qu'il a eu avec le nabot qui prétend gouverner la France, Poutine a lâché à l'un de ses conseillers de nos amis: "dourak!", ce qui peut se traduire, en gros, par "connard!". Le président russe sait naturellement à quoi s'en tenir avec Sarkozy, et depuis longtemps...
Tout avait commencé le mardi soir 9 octobre par un dîner entre "amis" dans la datcha du président russe, qui avait fait faire le tour du propriétaire au volant d'un 4X4 à un Nicolas Sarkozy ravi. Les deux hommes étaient rapidement passés du "vous" au "tu" sur l'insistance du nabot qui se croyait encore au barbecue de son commanditaire Bush...
Mercredi, le ton semblait plus froid au début d'un deuxième entretien, au Kremlin : Vladimir Poutine avait renoué avec le vouvoiement laissant Nicolas Sarkozy user seul du tutoiement.
C'est sans chaleur particulière qu'ils ont tenu près de deux heures plus tard une conférence de presse commune. Le président russe a même contredit le chef de l'Etat français sur le dossier du programme nucléaire iranien.
"Nous n'avons pas d'information sur la volonté de l'Iran de développer l'arme nucléaire", a-t-il déclaré. "Il n'y a pas de données objectives là-dessus. C'est pourquoi nous partons du principe que l'Iran n'envisage pas de le faire."
La position officielle de la présidence française est que l'Iran cherche bien à fabriquer la bombe atomique. Paris veut ainsi renforcer les sanctions internationales contre l'Iran pour l'amener à renoncer à son programme d'enrichissement d'uranium. Moscou s'y oppose.
"J'ai l'impression que nos positions se sont très fortement rapprochées", avait déclaré Nicolas Sarkozy mardi soir à des journalistes. Il avait fait état d'une "très claire convergence de vue sur l'analyse de l'état des recherches iraniennes".
Mercredi, il a dû se contenter de la promesse de Vladimir Poutine de "continuer à coopérer" avec les partenaires de la Russie au sein du Conseil de sécurité de l'ONU...
Les résultats de ses entretiens sur un autre dossier qui fâche, l'indépendance du Kosovo à laquelle la Serbie s'oppose avec le soutien de Moscou, ne semblent guère plus probants.
Mardi soir, le président français disait avoir "évoqué" avec Vladimir Poutine une "piste" pour régler le sort de ce territoire en majorité albanophone en ménageant les Serbes.
Mercredi, le sujet a été à peine effleuré en conférence de presse. "Il est très important que l'Europe reste unie et que la discussion reste ouverte avec nos amis russes sur cette question sur laquelle nous cherchons absolument à trouver une solution qui n'humilie personne", a seulement dit Nicolas Sarkozy.
"DROITS DE L'HOMME ET DEMOCRATIE"
Le président français n'a pas cessé, tout au long de son séjour, de donner des conseils en démocratie et en diplomatie aux Russes, tout en se défendant de leur "donner la leçon".
"Croyez bien : ce n'est pas si facile d'être chef d'un Etat démocratique mais c'est tellement mieux de vivre dans une démocratie", a-t-il ainsi déclaré mercredi matin à des étudiants de la prestigieuse université Bauman de Moscou.
Tout en affirmant "comprendre la spécificité russe", il a invité la Russie à être un "facteur de paix" en Europe et dans le monde et à s'ouvrir vers l'extérieur, plaidé pour la liberté de la presse et l'indépendance de la justice.
Avant de repartir pour Paris, il a rencontré à la résidence de l'ambassadeur de France à Moscou trois militants russes des droits de l'homme, Oleg Orlov, Svetlana Ganouchkina et Ekaterina Sokirianskaya, dirigeants de l'organisation non gouvernementale Memorial, à qui il a "apporté le soutien de la France".
Vladimir Poutine, régulièrement critiqué sur la question des droits de l'Homme, a juré qu'il ne voyait "rien de mal" à ce que le président français rencontre ces militants. Il a cependant estimé que ce serait "mal" si ce type d'ONG étaient "utilisées par d'autres Etats comme un outil de leur politique extérieure".
Les deux chefs d'Etat se sont mutuellement assurés de leur volonté de faire de l'autre pays un "partenaire privilégié" et de renforcer la coopération économique franco-russe, notamment dans l'énergie, l'aéronautique et l'espace.
Nicolas Sarkozy a précisé qu'ils avaient demandé à deux de leurs "très proches conseillers" de faire le point dans les prochaines semaines sur "tous les grands dossiers économiques".
Il a prôné l'ouverture "sans tabou" des entreprises françaises aux investisseurs russes, tout en réclamant la réciprocité de la part de Moscou.
Les deux hommes n'ont véritablement affiché de nouveau leur "complicité" qu'après l'inauguration d'un monument à la mémoire de l'escadrille française Normandie-Niemen, qui combattit les nazis aux côtés des soviétiques.
Autre consolation pour Nicolas Sarkozy : il a ramené dans son avion à Paris la joueuse de tennis Amélie Mauresmo, qui était à Moscou pour un tournoi, et avec laquelle il a eu un long entretien portant sur les "droits de la femme"...On ne rit pas!
Nicolas Sarkozy était-il bien réveillé pour avoir aperçu la Place Rouge de son hôtel, alors que l'hôtel dans lequel il avait dormi ne s'y trouvait pas ? Du coup, le président français s'est attiré les moqueries de la presse russe jeudi 11 octobre au lendemain de sa première visite officielle à Moscou, qui n'a débouché sur aucun résultat concret, notent plusieurs journaux.
«Sarkozy s'est réveillé et a vu la Place Rouge», ironise le journal Gazeta comme quasiment l'ensemble de la presse, le président français s'étant félicité devant Vladimir Poutine de s'être réveillé sur la Place Rouge, alors que l'hôtel dans lequel il avait dormi ne s'y trouvait pas. «Cela fait très longtemps que j'avais envie de venir ici. Se réveiller sur la Place Rouge, ce n'est pas rien pour moi», avait déclaré Sarkozy en arrivant au Kremlin.
«On a commencé à se demander où le président Sarkozy avait bien pu se réveiller pour voir alors la Place Rouge», se moque même le journal d'opposition Kommersant, rappelant que l'hôtel National, où logeait Sarkozy, est certes proche de la Place Rouge mais que celle-ci n'est pas visible de ses fenêtres. «On peut voir la Place Rouge depuis la fenêtre du Mausolée (de Lénine, au milieu de la place). Mais le Mausolée n'a pas de fenêtre»
Inhabituellement féroce, la presse russe s'attache essentiellement à des détails comme les mimiques du président français, le fait qu'il ait tutoyé Poutine ou qu'il porte des chaussures à talonnettes. Elle note cependant aussi le pragmatisme de Sarkozy, soucieux de montrer que «l'amitié» franco-russe ne s'est pas arrêtée avec le départ de Jacques Chirac, son prédécesseur à l'Elysée, qui était un allié du président Poutine en Europe.
«Le Kremlin et la vision de la Place Rouge lui ayant donné des ailes, Sarkozy a parlé lors de la conférence de presse du souhait des investisseurs français d'entrer dans le capital de Gazprom», le géant gazier russe, poursuit Nezavissimaïa Gazeta, titrant: «Rêves et fantaisies de Nicolas Sarkozy».
Les déclarations du président Sarkozy sur Gazprom «constituent la principale sensation de la visite», écrit le quotidien économique RBK Daily, avant d'ajouter que «l'entrée du capital français dans le secteur énergétique russe n'est pas pour demain». «Les négociations à Moscou entre les présidents russe et français ont montré que les relations entre ces pays vont se construire sur des bases pragmatiques», écrit le journal des affaires Vedomosti.
«Il n'y a eu aucun résultat», note-il cependant, évoquant l'absence d'annonces concrètes, sur l'Iran, le Kosovo ou la coopération économique. Le journal Izvestia, ouvertement pro-pouvoir, se moque pour sa part des «avances» du président Sarkozy à son homologue russe, et relève la froideur de ce dernier.
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