|
|
 |
| 24 mars 2007: les derniers sondages |
 |
|
Les derniers sondages publiés, effectués les 14 mars (Csa), 15 mars (Ipsos et Sofres), 17 mars (Ifop,Ipsos et Lh2), 19 mars (Ifop), 20 mars (Bva), 21 mars (Ipsos) et 22 mars (Csa et Sofres) donnent respectivement "l'instantané" suivant:
Sarkozy: 27, 29, 31, 26, 29,5, 29, 28, 31, 30,5, 26 et 28% Marie-Ségolène: 26, 23, 24, 24, 25, 26, 24, 24, 25,5, 26 et 26,5% Bayrou: 21, 23, 22, 22,5, 21, 22, 21, 17, 18,5, 21 et 21,5% Le Pen: 14, 13, 12, 14, 12,5, 12,5, 14, 13, 13, 13 et 11%
Début mars 2002, Le Pen était donné autour de 11-12%. Cependant que Chirac et Jospin étaient donnés à 23-24%. Un certain nombre d'électeurs "de droite" de Le Pen ont déjà décidé de voter Sarkozy dès le premier tour, ce qui réduit sensiblement sa marge de progression. Il tente donc de séduire un électorat "populaire", en particulier dans les banlieues, avec des discours, disons assez "ébouriffants" pour rester poli, et en total contradiction avec le programme libéral et anti-social du FN. Le Pen semble toujours "scotché" dans une fourchette 12-14% malgré ses habituelles rodomontades télévisuelles (fondées sur l'opinion de certains sondeurs selon laquelle des électeurs de Le Pen se cacheraient dans l'actuel électorat sarkoziste). Vendredi 9 et samedi 10 mars, une quarantaine d'élus ont été débloqués en sa faveur, lui permettant de se présenter, comme prévu....Le Pen l'a pratiquement reconnu sur France 2 le 14 au soir. Mais là encore, comme pour son redressement fiscal, il lui faudra "renvoyer l'ascenseur" au candidat d'Israël et des Etats-Unis. Ainsi vont les "patriotes"
Si Le Pen n'avait pas été présent au 1er tour, Sarkozy aurait fait le plein et serait apparu pratiquement sans réserve de voix pour le second, et donc battu. Le Pen présent, Sarkozy prend le risque d'être battu au premier tour par Bayrou, celui-ci restant "en embuscade" autour de 21%...
Avec Ségo et Sarko (volontairement surévalué de 3-4 points) autour de 24-26% et, surtout, un Bayrou autour de 20%, la situation est aujourd'hui tout à fait différente qu'en 2002.
D'ailleurs, pour une fois réalistes, Le Pen et son état-major n'imaginent plus être au second tour. Leur objectif est désormais de peser au premier tour pour battre Bayrou et négocier ensuite, comme prévu, avec le candidat de l'étranger. A Lyon, Le Pen a jugé "étonnante" la montée de François Bayrou: "elle doit masquer des transferts de voix qui ne me concernent pas puisqu'en même temps je continue de monter" (!?). En fait, pour battre Sarko au deuxième tour, Bayrou apparaît de plus en plus crédible et son vote plus "utile"...Au delà des restes de l'électorat démo-chrétien (8-10%), le béarnais rassemble actuellement le vote "Toutsaufsarkozy" non strictement socialiste et commence à mordre sur l'électorat modéré de Sarkozy au fur et à mesure de la lepénisation croissante du discours de celui-ci.
Aux yeux d'un nombre croissant de Français, Bayrou semble incarner une certaine authenticité, à la fois modéré et révolté, expérimenté et insurgé, conciliant stature et rupture, un "extrémisme du centre", un vote "révolutionnaire" dans le cadre rassurant du système...Interrogé par Marianne, Gérard Longuet estime que Bayrou "est le Mitterrand d'aujourd'hui. Un vrai littéraire qui ne s'encombre pas de la réalité des défis économiques et sociaux. Un passionné d'histoire comme son aîné, et un bon moraliste (...)Plus paysan que bourgeois comme l'était Mitterrand, il se méfie des dettes de l'Etat. Tant mieux."
Marie-Ségolène, autour de 25%, résiste beaucoup mieux que Jospin et le "suspense" réside désormais dans le fait de savoir si Bayrou passera Ségolène ou si celle-ci avalera Sarkozy! En 2002 ce n'est qu'à la mi-avril que l'on a eu des sondages assez fiables: Chirac autour de 19,5, Jospin autour de 18 et Le Pen autour de 14%.
Pour notre part, nous souhaitons que le débat se déplace enfin sur les véritables enjeux d'une élection présidentielle, au delà des catalogues de promesses législatives qui ne sont pas dans les attributions d'un(e) président(e) de la République, à savoir quelles seraient la politique étrangère et la politique de défense des différents candidats.
Par ailleurs, la question reste posée à beaucoup d'électeurs: quel est le meilleur candidat pour battre Sarkozy au second tour, ou même l'écarter dès le premier tour. Bayrou pourrait finir par s'imposer, "naturellement" pourrait-on dire, comme un choix de bon sens pour une majorité d'électeurs.
Patience donc.
|