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| Sarkozy poursuit sa mission de décomposition des services publics: la Poste. |
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La Poste, la première entreprise française avec 300000 salariés, pourrait bientôt changer de statut. Selon nos informations, le président de l'entreprise publique, Jean-Paul Bailly, a mis à l'étude la transformation du groupe, aujourd'hui doté du statut d'exploitant autonome de droit public – assimilable à celui, plus connu, d'Etablissement public industriel et commercial (Epic) – en une société anonyme (SA).
Ce projet, très délicat à mener sur les plans juridique et surtout, politique et social, est élaboré depuis plusieurs mois dans la plus grande discrétion. La Poste s'est entourée de conseils, parmi lesquels la banque d'affaires Rothschild et le cabinet de juristes Baker & Mc Kenzie. Le ministère des finances, Matignon et l'Elysée en ont été mis au courant. Plusieurs réunions de travail ont eu lieu avec des représentants du gouvernement, pour examiner l'opportunité d'un tel changement et le cas échéant, son calendrier.
Pour l'opérateur public postal, l'adoption du statut de SA – une société commerciale dont le capital est détenu par des actionnaires – serait devenue une nécessité, pour affronter la libéralisation totale du marché du courrier prévue en 2011.
L'idée de M. Bailly serait de profiter de la transposition en droit français de la troisième directive postale, qui va libéraliser le marché, pour prendre le statut de SA. Le passage du texte au Parlement pourrait intervenir dans le courant du premier trimestre 2009.
L'adhésion des salariés de La Poste au projet constituerait une garantie de bon déroulement de l'opération. Pour que celle-ci soit comprise du grand public et des parlementaires, très attachés à la défense des services publics de proximité, et tout particulièrement à La Poste, les dirigeants de l'entreprise publique verraient, en outre, d'un bon œil la constitution d'un actionnariat populaire important.
Nouvelles fermetures de bureaux ruraux en perspective, nouvelles hausses de tarifs qui pénaliseront les plus âgés, nouvelle dégradation d'un service autrefois "public" et fonctionnant pour les besoins du plus grand nombre. Bref, la grande décomposition s'accélère sous la houlette de Sarkozy.
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