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| Sarkozy, le mea culpa d'un faux cul. |
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L’hyperprésident confessant des «erreurs» devant 11 millions de téléspectateurs, la séquence valait son pesant de cacahuètes. Pourtant peu enclin à l’autocritique, Nicolas Sarkozy en a rajouté dans le mea culpa. Jeudi, devant les caméras, il a reconnu une «erreur de communication totale» sur le paquet fiscal, une «erreur» aussi sur la carte familles nombreuses, «erreur» encore de ne pas avoir sanctionné les «couacs» de ses ministres, et admis avoir une «part de responsabilité» dans l’exposition de sa vie privée.
Cette humilité soudaine ne trompent pas les experts en communication politique. «Nicolas Sarkozy a déjà usé de cette ficelle, rappelle Jean Veronis, professeur de linguistique. Le 14 janvier 2007, lors de son meeting d’investiture, il avait décliné son "j’ai changé". C’est son côté Sarko l’Américain : cette posture est en effet rare dans les pays latins mais assez fréquente dans les pays anglo-saxons.»Pour Bernard Sananès, directeur général de l’agence Euro RSCG, le chef de l’Etat n’avait guère le choix : «Il devait impérativement purger l’an 1 de son mandat. Il lui fallait donc "concéder", comme on dit dans le jargon. Quand on est en crise, si on ne reconnaît pas sa responsabilité, on ne peut redevenir audible.» Une opération de purge exclusive de toutes les autres : dans ce contexte, aucune annonce n’aurait été audible.
Pour les experts, l’autocritique reste toutefois minimaliste : «Il manie le "je" et le "nous" avec dextérité, relève Jean Veronis. Quand il reconnaît des erreurs, c’est plutôt "nous", quand il s’agit d’y remédier c’est plutôt "je"!».
Historien ,spécialiste de la communication politique à l’université de Versailles-Saint-Quentin, Christian Delporte renchérit : «Il n’a admis d’erreurs que de communication. Sa faute, c’est d’avoir mal expliqué, pas d’avoir mal agi.» Ce faisant, il prenait néanmoins un risque : «Les Français ont élu le Président sur sa compétence, et quelqu’un de compétent qui fait des erreurs s’est infiniment problématique.» D’où, à l’en croire, le changement radical du style présidentiel : pour rassurer, Sarkozy devait apparaître plus solennel, plus calme, et surtout démontrer sa maîtrise des dossiers, quitte à paraître confus. Ces gages donnés, il pouvait légitimement réclamer de n’être jugé qu’au terme du quinquennat. «En clair, Nicolas Sarkozy ne dit pas : "Je me suis trompé", il dit : "Ce que vous prenez pour des erreurs n’en sont pas, mais vous le comprendrez plus tard."» On ne se refait pas.
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