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::  Opinion: Jean-Marcel Bouguereau
30/06/09 :: 18:34
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L'emprunt Sarkozy, une nouvelle escroquerie ruineuse.
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Alors que nous sommes un pays très endetté, Nicolas Sarkozy n'a rien trouvé mieux que de proposer un nouvel emprunt. On comprend le scepticisme qu'a provoquée cette proposition, y compris au sein de la majorité : « Il ne faudrait pas que cette initiative serve d'anesthésiant », a estimé Gilles Carrez. Car notre situation financière est en effet catastrophique : 1327 milliards de dette, soit « 20.600 euros par habitant et 47.400 euros par actif ». Un euro sur trois dépensé par l'état est déjà financé par l'Etat ! Quant aux intérêts de cette dette ils dépassent, par Français, deux SMIC mensuels. Alors pourquoi ajouter une dette à une autre ? La raison invoquée, ce serait la « pédagogie » : faire prendre conscience à une France inconsciente de la situation de l'endettement et de la faire participer à l'effort national.


Pédagogie : l'argument est réversible


Mais l'argument est réversible, comme le souligne encore Gilles Carrez, ancien rapporteur général de la commission des finances : «Le fait de donner à croire aux Français que l'on peut emprunter ne risque-t-il pas de laisser penser que la dette est finalement tout à fait normale ? », a-t-il demandé, venant apporter de l'eau au moulin de Philippe Seguin qui, faisant l'exposé de la situation des finances publiques a souligné de son air grognon que, « dès lors qu'il y aura emprunt, cela rendra d'autant plus nécessaire l'effort sur le déficit structurel ».


De Pinay à Balladur-Sarkozy, ces emprunts ont toujours été ruineux


Si encore cet emprunt faisait faire des économies mais toutes les expériences précédentes, de la rente Pinay jusqu'à l'emprunt Balladur-Sarkozy (déjà), en passant par le célèbre et ruineux emprunt Giscard : pour trouver 7,5 milliards de francs on avait déboursé 15 ans plus tard 90 millions de francs ! Car, il va de soi de ceux qui vont prêter auront droit à de petits cadeaux. On leur concédera des taux plus élevés que sur les marchés financiers où la France emprunte chaque jour mais au taux le plus bas, en mettant en concurrence les institutions bancaires. Et qui va souscrire ?


De nouveaux transferts de la classe moyenne vers les riches


Les rentiers, les plus riches à qui on va concéder des conditions très favorables ce qui, de fait va aboutir, à des transferts de la classe moyenne, celle qui paye des impôts, vers les riches qui, protégés par le bouclier et les niches fiscales, n'auront que le beurre et l'argent du beurre. Evidemment toute cette opération comporte divers types d'habillage, de celui déjà évoqué, de la « pédagogie », comme si les riches n'étaient pas conscients du caractère catastrophique de notre endettement (7% du PIB alors que le maximum toléré par l'Union européenne était de 3 %), jusqu'aux investissements, que l'on nous promet de faire, au goût de jour, du côté des écotechnologies, de la voiture du futur, les bio et nanotechnologies, l'agro-alimentaire, l'enseignement et la recheris François Fillon, l'homme qui le premier avait eu le courage, dès 2007, de dire qu'il était à la tête « tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. ", a douché les enthousiastes dépensiers de son gouvernement, en laissant pointer le bout de nez d'une politique de rigueur : les réformes douloureuses vont être accélérées. Le gouvernement va continuer de ne pas remplacer le départ en retraite d'un fonctionnaire sur deux. L'âge du départ à la retraite sera repoussé en 2010, légalement ou de facto. Les Français qui ont peut-être moins besoin de pédagogie ont dans leur large majorité (82 %) assurés qu'ils n'avaient pas l'intention de souscrire à cet emprunt, 56 % d'entre étant même opposés à son lancement.

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Notes :
La dette publique explose.


La France s'éloigne de plus en plus des critères de Maastricht en raison de la crise économique et des mesures prises pour y faire face. La dette publique de la France (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) a augmenté de 86,5 mds d'€ au 1er trimestre 2009 par rapport au trimestre précédent pour atteindre 1 413,6 milliards, soit approximativement 72,9 % du PIB, a annoncé mardi l'Insee. La dette brute des administrations publiques, calculée selon les critères de Maastricht, a ainsi augmenté de 4,8 points de PIB par rapport à la fin décembre 2008, précise l'Insee. Selon les dernières prévisions du ministère du budget, la dette publique est désormais attendue à 77 % du PIB à la fin 2009, 83 % en 2010, 86 % en 2011 et 88 % du PIB en 2012, en lien avec l'envolée du déficit public et la crise économique qui frappe la France.
Le gouvernement tablait initialement dans son projet de budget 2009 sur une dette à 66 % à la fin de cette année. Le pacte de stabilité européen fixe à 60 % du produit intérieur brut la limite autorisée d'endettement public pour un Etat membre de l'Union européenne.


Au premier trimestre 2009, la contribution de l'Etat à la progression de la dette publique s'élève à 44,5 mds d'€, indique l'Insee. Celle des organismes divers d'administration centrale (ODAC) augmente de 46,9 mds. La dette des administrations publiques locales a en revanche diminué de 3,9 mds d'€ au 1er trimestre. Celle des administrations de sécurité sociale diminue également de 1,1 md.
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