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L'ACTUALITÉ
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13/03/10
:: 21:17
Jean Ferrat est mort : "Tu aurais pu vivre encore un peu"
L’un des derniers géants de la chanson française nous a quittés ce samedi matin. Jean Ferrat avait 79 ans. Jean Ferrat était notamment l’auteur de "La Montagne", "Potemkine" ou "Aimer à perdre la raison"
Jean Ferrat, c’est d’abord le souvenir d’un léger éblouissement quand on vous juche sur les épaules d’un père ou d’un oncle pour voir sa silhouette sur la scène. Vous êtes dans la foule d’une fête de l’Huma au cœur des années 1970. Il fait beau évidemment, presque aussi beau que dans la chanson Deux enfants au soleil, un de ses premiers succès et qui reste pour vous comme le programme commun d’une rêverie jamais abandonnée autour de ce que pourrait être le communisme enfin réalisé : le temps libéré dans un monde sexy, poétique et balnéaire. C’est vrai que vous avez tellement flirté sur cet air-là, ensuite. Comme plus tard, dans L’Amour est cerise, vous mettrez en pratique ce sage conseil : Vertu ou licence Par Dieu, je m’en fous J’égare ma semence Dans ton sexe roux.
Jean Ferrat, c’est aussi votre quarantaine. La première fois que vous avez cru passer de l’autre côté. Vous tenez deux mois contre une pleurésie sur votre lit d’hosto, avec des drains un peu partout. Vous vous sentez comme un vieillard, vous avez tout le temps mal malgré la morphine qui ne fait que mettre la douleur à côté. Et puis ça remonte, ça revient, et un jour, vous sortez à petit pas. Et dans la voiture, vous allumez l’auto-radio et Que c’est beau la vie qui passe sur Radio Nostalgie. Alors, les larmes vous montent aux yeux parce qu’il y a des petits matins où les apparentes banalités deviennent les plus belles vérités philosophiques que vous n’entendrez jamais. La force, sans doute de ce que l’on appelle un peu vite la variété. Le jeune Proust, dans Les Plaisirs et les Jours savait déjà tout ce que peut apporter cette musique prise de haut par quelques pointilleux prétentieux : “Combien de mélodies, de nul prix aux yeux d’un artiste, sont au nombre des confidents élus par la foule des jeunes gens romanesques et des amoureuses.”
Les jeunes gens romanesques et les amoureuses, c’est fou ce que nous avons pu en rencontrer au Parti communiste. Le communisme, quoiqu’on en dise, ce fut quand même la grande affaire dans la vie de Jean Ferrat. Ce sont des communistes qui l’ont caché pendant l’occupation quand il s’appelait encore Jean Tenenbaum et que ce n’était pas le genre de nom idéal pour survivre à l’époque. Il s’en souviendra dans la chanson Nuit et Brouillard, la première sur la question, un vrai tube censuré, ou plutôt “déconseillé de passage radio” par cette France des sixties qui voulait oublier le passé qui ne passait pas dans la vague yéyé. Mais cela n’empêcha pas Europe 1 de la programmer, achevant d’en faire, pour les années à venir et jusqu’à aujourd’hui, la chanson de référence sur le sujet de la déportation. En revanche, Potemkine, là, fut franchement interdit d’antenne.
Oui, je sais, Jean Ferrat n’a jamais eu sa carte du Parti. Il était ce qu’on appelle un compagnon de route. Compagnon de route, c’est vivre à la colle avec le Parti alors que l’encarté est marié. Il ne peut pas toujours dire à sa femme ce qu’il pense d’elle, surtout quand il arrive à cette dernière de faire n’importe quoi. Jean Ferrat, lui, pouvait. C’était l’amant. C’est pour ça, paradoxalement, qu’il est resté fidèle jusqu’au bout puisqu’il était encore sur le comité de soutien à la liste Front de gauche en Ardèche. Parce qu’il a pu dire dans Camarade ce qu’il pensait du Printemps de Prague et dans Le Bilan dauber sur la fameuse expression de Marchais, “bilan globalement positif”, quand on l’interrogeait sur les pays de l’Est. Seulement, qu’on ne se réjouisse pas trop vite du côté des anticommunistes pathologiques. Tout le monde n’est pas Stéphane Courtois pour cracher hystériquement dans la soupe dont il s’est pourtant repu jusqu’à plus soif. Le refrain du Bilan, c’est le nôtre, encore aujourd’hui, et ce n’est pas près de changer, malgré tout ce qu’il nous a fallu avaler comme couleuvres : Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui.
Oui, Jean Ferrat, c’est aussi nos doutes, à nous les communistes. Mais on a ceci de particulier, c’est que l’on accepte les remises en question, mais en famille. Pour rester dans le domaine de la variété, quand Sardou s’est mis à chanter Lénine, réveille toi ils sont devenus fous, cela nous a fait hurler de rire à l’époque. Ce réac atlantiste en déçu du communisme au milieu des années 1990, tout de même, il ne manquait pas d’aplomb. Vous imaginez, c’est comme si Jean Ferrat s’était permis une chanson sur Friedmann et Pinochet en pleurant sur la trahison du modèle libéral.
Et puis après tout, Ferrat, il n’est pas seulement à nous. Comme Aragon, qu’il a si bien chanté. Ils appartiennent au patrimoine national. Ils ont su, ces internationalistes, chanter comme personne nos paysages, nos rivières, nos saisons, nos poètes. Parce qu’ils ont compris, comme tous les communistes français conséquents, qu’il ne sert à rien de vouloir aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même. Notre chanson préférée de Ferrat, pour tout vous dire, celle que nous nous repassons en boucle depuis que nous avons appris la nouvelle et que nous sommes surpris par la puissance de feu de notre chagrin, c’est Ma France : Cet air de liberté au-delà des frontières Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige Elle répond toujours du nom de Robespierre Ma France. Jérôme Leroy
Notes :
Bonne nouvelle: L'UMP-Sarkozy en baisse pour les régionales
L'UMP perd 1,5 point d'intentions de vote, à 29,5%, et resterait de justesse en tête devant le Parti socialiste, stable à 27%, selon un sondage pour le premier tour des élections régionales réalisée par Opinionway-Fiducial pour le Figaro, LCI et RTL.
Le total des voix de la gauche atteint les 49% au premier tour, contre 31% à la droite parlementaire qui ne dispose donc pas de réserve de voix.
Dans ce baromètre, depuis octobre 2009, l'UMP a perdu plus de six points tandis que le PS en gagnait huit.
Le Front national est stable à 9% par rapport à la dernière livraison de début mars, un score jugé suffisant pour lui permettre de se maintenir dans quelques régions au second tour et donc de gêner l'UMP.
Europe Ecologie est crédité de 13% des intentions de vote, le Front de gauche de 7% (en progression d'un point), le Nouveau parti anticapitaliste de 2% (en baisse d'un point), le Modem de 5%.
Le sondage a été réalisé les 9 et 10 mars auprès d'un échantillon de 1.009 personnes de 18 ans et plus choisies selon la méthode de quotas et interrogées par internet.
Note de TSS: Sans aucun doute tous les partis en présence à ces élections sont-ils sionisés à des degrés divers, mais il en est un, l'UMP, qui l'est totalement puisque son chef Nicolas Sarkozy dirige la France au nom d'Etats étrangers, Israël et les Etats-Unis. Parmi d'autres, nous l'avons amplement démontré depuis l'été 2006, et continuons inlassablement à le faire. La défaite de Sarkozy ce dimanche, et plus encore le 21 mars doit donc être la plus large possible. A son niveau, électoral, elle sera une pierre importante apportée au processus d'éradication d'un homme mandaté pour achever la destruction de la France. Tous les vrais "patriotes" et anti-sionistes conséquents se doivent d'y contribuer sans états d'âme au premier comme au second tour.