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::  yvesduc*
08/03/10 :: 14:10
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La politique nucléaire de l’Iran
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Il se tenait le 6 mars 2010, au Centre Culturel Iranien à Paris (1), une conférence sur la politique nucléaire de l’Iran, qui a développé des arguments très convaincants car très rationnels, de mon point de vue. Cette conférence venait surtout comme un ballon d’oxygène, tant la désinformation est massive concernant l’Iran. La contre-information peine à exister mais cette conférence était, en la matière, un lancement magnifique !


Une petite phrase, absente de l’article sur lequel s’appuyait la conférence (2), résume bien l’état d’esprit des dirigeants iraniens : le conférencier, lui-même iranien, Maître de conférence en Relations Internationales, a dit qu’étant donné la puissance des ennemis de l’Iran, « notre première erreur sera la dernière ». Pour chaque action que l’Iran entreprend, la prudence est donc de mise, comme nous allons le vérifier.


L’Iran, c’est d’abord une croissance intérieure qui a amené la demande d’énergie à y augmenter de 8 à 10% par an, ces dernières années. Si les choses continuent ainsi, cette demande finira par manger toute la production pétrolière du pays, production actuellement exportée pour moitié. Ceci priverait le pays de son principal revenu. Or, d’après la National Iranian Oil Company (NIOC), le kilowatt/heure thermique est 3,3 fois plus cher que le kilowatt/heure nucléaire, ceci grâce au fait que l’Iran possède aussi d’énormes réserves d’uranium. En passant au nucléaire, l’Iran exportera davantage de pétrole, faisant rentrer davantage de devises, tout en se protégeant contre le fameux Pic de Hubbert (Pic Pétrolier).


Petit retour en arrière : en 2003, sous la pression occidentale – mais sans naïveté, l’Iran accepte de stopper son activité d’enrichissement du combustible, l’Occident annonçant qu’il est prêt à livrer le combustible. « Sans naïveté », car l’Iran subit un embargo depuis 30 ans et car l’Occident a déjà déployé beaucoup d’efforts pour empêcher l’Iran d’accéder au nucléaire civil. N’obtenant rien des négociations et comprenant qu’il ne s’agissait que de gagner du temps, 20 mois plus tard, l’Iran réouvre ses installations. Cet épisode explique pourquoi l’Iran tient à être maître de son approvisionnement et à ne pas dépendre de partenaires qui sont tout sauf coopératifs...


Comme gage de ses objectifs purement civils, l’Iran prend les devants, signe tous les traités et invite l’AIEA à inspecter ses installations, ce qui sera largement fait, des caméras permanentes étant même installées. Les inspecteurs font des visites inopinées et confirment, rapport après rapport, que l’enrichissement pratiqué en Iran ne dépasse par le taux d’un usage civil, soit 3,6 %. La récente affaire de la centrale nucléaire « cachée » était une pure mystification, la centrale ayant été déclarée de longue date ! (comme le rapportait ici-même morice (3))


Mais le clou du raisonnement était un examen de l’utilité militaire de “la” bombe, la bombe atomique bien sûr. En termes militaires, il y a dissuasion quand la « deuxième frappe », c’est-à-dire la réponse à la « première frappe », atteint la « suffisance raisonnable », c’est-à-dire l’intensité nécessaire pour détruire l’adversaire et le dissuader véritablement de commettre la première frappe. Or, insiste le conférencier, seuls les États-Unis et la Russie atteignent la suffisance raisonnable. Le petit Iran avec sa première bombe ne serait pas en mesure de dissuader quiconque et, en cas d’attaque, serait par contre sûr de périr lors de la deuxième frappe, Israël possédant par exemple plus de 400 têtes. Donc, non seulement la bombe est militairement impraticable pour l’Iran mais pire, elle pourrait constituer justement l’une de ces erreurs dont il était question au début ! Comme dit le conférencier : même si on nous la donnait, on n’en voudrait pas. Et d’ailleurs, ajoute-t-il, la bombe a-t-elle empêché l’effondrement de l’URSS ? Empêche-t-elle les États-Unis de s’embourber en Irak ? A-t-elle empêché Israël de se prendre une raclée au Liban ? La bombe est loin de répondre à toutes les situations.


De plus, une bombe iranienne amènerait sans doute d’autres pays (inamicaux) de la région à la vouloir aussi, ce qui constituerait autant de nouvelles menaces sur l’Iran. Non, définitivement, la bombe n’est pas une bonne idée pour Téhéran.


Dans cette logique implacable, le seul point qui m’interroge est cette affirmation de l’électricité nucléaire moins chère que l’électricité thermique. Il me semble que l’infrastructure nucléaire est très coûteuse (4). Pourquoi la solution nucléaire ne semble-t-elle ingénieuse que pour l’Iran et pourquoi les mêmes questions que pour le pétrole ne se posent-elles pas ? (exportation de l’uranium versus consommation intérieure) Est-ce parce que le Pic Pétrolier est en avance sur celui de l’uranium ? (5) Qu’on me pardonne de ne pas trancher la question et de la laisser aux experts.


J’emprunte la conclusion à Tabatabaeï : « Celui qui a la bombe A, qui a toujours refusé de signer le TNP et qui ne supporte aucune inspection [agit en] procureur d’un accusé qui n’a pas la bombe, fait partie du TNP et s’est soumis à des inspections inopinées sans répits et interminables de son territoire. » Suivez son regard...


J’espère que cette excellente conférence, filmée, arrivera sur internet, et en tout cas c’était le souhait du public (une quarantaine de personnes).
________________

(1) Centre Culturel Iranien, 6 rue Jean Bart, Paris 6e, métro Notre-Dame des Champs ou Saint-Placide. Je le précise car c’est introuvable dans les pages jaunes !

(2) “La diplomatie nucléaire iranienne”, par Seyed Mohammad Tabatabaeï, Confluences Méditerranée n° 65

(3) “Poker menteur à Pittsburgh”, par morice

(4) Voir le graphique ici : “L’économie du nucléaire”, par le CEA

(5) Sur le pic uranium : “La pénurie d’uranium programmée condamne le nucléaire”, par Isabelle Chevalley et Pierre Bonnard
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http://www.iceberg911.net/
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Notes :
Comme son congénère Elie Wiesel, Simon Wiesenthal était un imposteur, un escroc utilisé par les services israéliens.


"Le nom de Wiesenthal est indissolublement lié à la traque des bourreaux nazis ayant réussi à échapper au tribunal de Nuremberg, et à la capture, en Argentine, d’Adolf Eichmann, qui sera par la suite jugé et exécuté en Israël.
La légende de ce rescapé de la Shoah, né en Ukraine, et installé à Vienne après la guerre est sérieusement mise à mal par l’enquête de Guy Walters, qui relève toutes les contradictions des diverses versions qu’il a données de son épopée à travers les camps de la mort, et les raisons de sa survie miraculeuse. Wiesenthal est un menteur, martèle Walters, qui lui reproche même de se prévaloir frauduleusement d’un diplôme d’architecte qu’il n’aurait jamais obtenu. Comme, à ma connaissance, Wiesenthal n’a jamais construit de maison, quelle importance ? Mais qui ment un œuf ment un bœuf, et cette petite filouterie vient à l’appui de la thèse principale de Walters, selon laquelle Wiesenthal n’est pas à l’origine de la découverte et de l’arrestation de 1100 nazis criminels, mais tout au plus de dix d’entre eux, et que son rôle dans l’affaire Eichmann est loin d’être celui qu’il s’attribue. J’ai connu Simon Wiesenthal dans le cadre de mes activités professionnelles au milieu des années 1980, et lui ai rendu visite à plusieurs reprises dans son bureau viennois. J’avais été intrigué par la modestie des lieux qu’il occupait seul avec une secrétaire, et surtout par l’incroyable caractère primitif de sa documentation réduite à quelques boites à chaussures remplies de fiches relatives à ces fameux nazis qu’il s’efforçait de débusquer.


Mais cela, à l’époque, n’a suscité chez moi aucun soupçon sur la réalité du travail accompli par Wiesenthal : les meilleurs détectives de roman et de films noirs ne disposent pas de bureaux somptueux, ni de collaborateurs nombreux et zélés pour accomplir des exploits extraordinaires, et ce bon vieux Simon devait être de la trempe des Philip Marlowe ou Sam Spade…


Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que Wiesenthal était une figure bien commode pour les services israéliens, qui effectuaient discrètement les recherches et interventions attribuées au “chasseur de nazis” viennois. Sa notoriété mondiale était également utilisée par les dirigeants de l’Etat juif pour contrecarrer l’action d’un autre juif autrichien célèbre, le chancelier Bruno Kreisky, dont l’antisionisme viscéral était l’une des lignes directrice de sa politique étrangère. Les deux hommes se vouaient mutuellement une haine inextinguible. Il faut espérer que la seule chose qui les réunissait, leur incroyance au ciel ou à l’enfer, leur a épargné une cohabitation post mortem dans l’un ou l’autre de ces lieux."
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