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| Un soldat français critique la désorganisation de l'armée française à Kaboul, où elle n'a rien à faire... |
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Dans son édition du jeudi 28 août, Le Journal du Pays yonnais, hebdomadaire régional de La Roche-sur-Yon (Vendée), publie le témoignage d'un soldat récemment engagé en Afghanistan. Il ne fait pas partie des soldats tombés dans l'embuscade mais dénonce à la fois le manque de préparation et le manque de moyens de l'armée française à Kaboul.
Le jeune Vendéen rapporte notamment que lui et d'autres soldats ont été obligés d'investir personnellement "entre 500 et 1 000 euros pour s'acheter du matériel opérationnel", les armes fournies par l'armée n'étant pas appropriées. "Nous attendons toujours des gilets pare-balles mieux adaptés (...). Nous manquons de logistique. Nous n'avons pas non plus été assez préparés physiquement."
SALAIRES INSUFFISANTS
Se voulant porte-parole d'un ras-le-bol plus général chez les soldats français, il critique vivement le commandement sur place : "Nous sommes tous très en colère vis-à-vis de nos supérieurs. Nous sommes mal organisés. (...) Planqués à Kaboul, ils sont quatre-vingt-deux colonels et lieutenants à s'être inventé des missions pour toucher du pognon." Dénonçant de "l'argent dépensé inutilement alors que les soldats ont un besoin urgent de plus de moyen, de plus de confort", il s'étonne du fait que leurs salaires ne soient pas proportionnels aux risques encourus, mais au même niveau que leurs collègues en mission en Nouvelle-Calédonie.
"Cela fait plusieurs années que je suis dans l'armée (...) et c'est la première fois que je vois ça. Beaucoup de mes compagnons sont tellement dégoûtés du manque de matériel, de préparation ou de prise en charge même après douze ou treize ans d'armée qu'ils souhaitent écourter leur contrat. (...) On nous dicte les mots à dire aux journalistes. (...) Nous n'avons pas le droit de dire qu'on n'a pas assez à manger, qu'on a peur et qu'on est épuisé sinon on menace de nous punir", confie-t-il.
"METTRE EN FUITE, C'EST UNE RÉUSSITE ?"
Ces derniers jours, de hauts responsables de l'armée française ont voulu répondre aux critiques sur la mauvaise préparation de l'opération du 18 août. Ainsi, jeudi 28 août, le général Benoît Puga, sous-chef "opérations" à l'état-major des armées, a affirmé que les talibans avaient été "mis en fuite" et avaient pris une "sacrée raclée" après l'embuscade, et a estimé que la mission, en dépit des dix morts enregistrés dans les rangs français, était "réussie, n'en déplaise à certains tacticiens en herbe ou en chambre qui viennent porter un jugement à 7 000 km, confortablement installés dans leur fauteuil". (Ndlr: il faut être général pour sortir de pareilles conneries!)
Des propos qui ont vivement choqué le père d'un des dix soldats tués. "Mettre en fuite, c'est une réussite ?, a ironisé Joël Le Pahun vendredi sur RTL. La question qui se pose, c'est pourquoi ils sont morts." C'est une bonne question. Ils sont morts pour rien, comme en Indochine, comme en Algérie. Bref, en France, mourir pour rien est une tradition. Avec Sarkozy, elle va être largement revisitée!
La cour des Invalides ne va pas désemplir et toutes les pages de Paris-Match n'y suffiront pas! On atteint des sommets!
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