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::  Monolecte*
15/04/12 :: 13:22
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Négation du politique
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Plus le temps passe et plus j’exècre cette misérable mascarade que sont les élections présidentielles.


Si l'on est profondément attaché à l'idéal démocratique, comment peut-on se contenter de cette intermittence de la citoyenneté, de ce festival de coups bas et de promesses médiocres qui ne visent qu'à flatter les intérêts supposés de telle ou telle catégorie fabriquée pour les besoins de la chose ? Comment peut-on accepter que tout l'espace de la pensée, du débat et de la chose publique soit totalement saturé par la guerre des chefs, les attaques personnelles, les petites phrases, les chiffres sortis de nulle part, jetés à la gueule de tous pour tordre, encore et encore, le monde réel tel qu'il est totalement fantasmé par le petit bout de la lucarne ? Le vote n'est pas un blanc-seing. Ce n'est pas non plus un pis aller, une formalité à subir avant de retourner vaquer à ses petites occupations.


Je ne vais pas vous dire ce que vous devez faire, penser, vouloir, espérer. Il y a dans toute cette agitation stérile quelque chose de l'ordre de l'injonction impérative qui me hérisse profondément le poil : tu dois voter, tu dois choisir, mon candidat plutôt que le sien. Je n'aime pas le côté militant qui impose sa vision du monde à tout prix : ta gueule, mon candidat est le meilleur, vote pour lui ou tu es un con ! C'est tellement vain, c'est tellement infantilisant, voire méprisant pour le quorum des électeurs qui ne faut pas s'étonner de voir l'abstention grimper en flèche.


Le vote n'est pas un aboutissement, une fin un soi, ce n'est qu'une étape parmi bien d'autres de la vie démocratique, un moment dans le calendrier des nations. Je déteste voir ce qui devrait être un grand moment républicain ne plus être qu'une foire d'empoigne, une sorte du supermarché des mesurettes et des promesses creuses. J'ai l'impression de me retrouver coincée dans un de ces innombrables marchés de Noël qui ont poussé sur les places des grandes villes comme des petits villages, avec leurs baraques en bois clinquantes, leur artisanat de pacotille et leur esprit festif réduit à une simple orgie mercantile factice et sans signification aucune.


Factice


Voilà le mot qui incarne le mieux le cirque actuel : des éditocrates qui recycle inlassablement la même mauvaise soupe à la grimace, non pas pour éclairer nos choix, mais juste pour instiller jusqu'au plus profond de notre être la résignation au choix qui les arrange le plus.


Il ne s'agit en aucune manière de nous apporter les données nécessaires pour comprendre les enjeux de notre époque, ni de laisser les idées s'exprimer, ni d'exposer des projets de société, jamais il n'est question de ce qui est le plus fondamental dans une société humaine : dans quel monde voulons-nous vivre ?


De quelle manière voulons-nous élever nos enfants ? À quelle œuvre voulons-nous consacrer les années qui nous sont imparties ? Comment voulons-nous aimer, grandir, partager, échanger, exister, apprendre, créer, être et mourir ? Dans quel contexte et dans quel but voulons-nous nous lever tous les matins ? Qu'est-ce que nous pensons juste, qu'estimons-nous désirable ou sans intérêt ? Qu'est-ce qui fait battre nos cœurs ? Qu'est-ce qui nous donne envie de continuer ou de changer quelque chose ? Vers quoi voulons-nous tendre, absolument, du mieux que nous le pouvons ?


Est-ce qu'il ne s'agit pas là de questions essentielles ? Pensez-vous réellement que ce que l'ont tente de nous vendre actuellement vaut que nous y consacrions un seul jour de notre précieuse existence ? Avez-vous tant de jours devant vous que vous pouvez vous permettre de les passer à courber l'échine dans l'espoir d'hypothétiques jours meilleurs, toujours remis à plus tard ?


Je ne vais pas vous dire ce que vous avez à faire ou à penser. Je ne vais pas vous exhorter à choisir l'un ou l'autre de ceux qui prétendent nous représenter. Auprès de qui ? Et pour quoi faire, d'ailleurs ? Non, tout ce que j'ai envie, c'est de vous enjoindre à couper le son et à prendre le temps, ce précieux temps qui nous décompté parcimonieusement, ce temps, dont nous partageons tous l'inexorable progression vers le néant. Prendre juste le temps de questionner vos envies profondes, vos espoirs perdus et vos aspirations refoulées. Juste prendre le temps de réfléchir à ce que vous voulez vraiment pour cette vie qui vous a été donnée. Et à partir de là, je pense qu'il vous sera particulièrement facile de faire le bon choix, c'est-à-dire le vôtre.


Actuellement, ce que les politiques fabriquent le plus, ce ne sont pas des projets de société, des visions du monde, des utopies, des envies, des projets. Non. Ce que les politiques, main dans la main avec les élites médiatiques, construisent le plus sûrement, c'est votre camisole mentale de la résignation, de la soumission et du consentement à un ordre mondial de l'exploitation sans vergogne de tous, partout, et tout le temps. Ce qu'ils mettent en scène à longueur de temps, ce n'est pas le théâtre des idées, mais l'illusion de leur impuissance. La ligne directrice de la plupart de leur discours, c'est qu'il existe comme un ordre naturel des choses qui s'impose à eux, comme à chacun de nous, un ordre fondé sur la barbarie la plus sauvage, la compétition sans merci, le mépris de l'autre et l'abandon de tout espoir de mener une vie digne et non entièrement soumise à la dictature de l'argent.


Or, la politique, c'est l'essence du choix et de l'action. C'est le territoire où s'expriment les rapports de force, où se négocient les conditions de vie de chacun. Le pouvoir pris par la finance, les marchés, les multinationales n'est rien d'autre que celui qui leur a été concédé par des traités, des contrats, des lois, toutes, absolument toutes votées par ceux qui se disent nos représentants. Autrement dit, rien dans ce qui distribue les ressources naturelles, rien de ce qui décide du destin, de l'existence de chacun d'entre nous n'est de l'ordre de la fatalité, mais uniquement de la volonté politique de quelques-uns.


Autrement dit, rien de ce qui est saccagé par la barbarie économique ne peut l'être sans le consentement, que dis-je, la complicité pleine et entière des responsables politiques, à tous les échelons de décisions de cette planète.


Il suffit de voir comment le gouvernement actuel, tout en jouant la comédie de l'impuissance face à d’obscures lois économiques invoquées comme des déités indicibles, organise actuellement notre future faillite budgétaire, pour bien comprendre que loin d'être le résultat d'un quelconque cataclysme naturel (voire supranaturel), la crise actuelle est l'instrument voulu et mis en œuvre délibérément pour nous arracher notre consentement à un ensemble de mesures arbitraires dont les principales conséquences seront d'assurer l'accaparement des ressources communes par des groupes restreints qui pourront ainsi affirmer leur domination absolue sur le reste de l'humanité, tout en nous condamnant dans notre immense majorité à des existences de plus en plus précaires, difficiles, âpres et abrégées. Sans autre nécessité première que de vivre et de jouir comme des porcs, sans partage et sans merci.


Ceci n'est donc pas une crise, mais c'est une guerre totale contre les peuples. Ceci n'est donc pas une élection, mais une étape de plus pour s'assurer de notre parfaite soumission à ce qui va suivre, n'en doutez pas.


Maintenant, vous pouvez choisir.
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http://blog.monolecte.fr/
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Notes :
L'HOMME QUI DEVAIT "EXTERMINER" FAURISSON
Par Paul-Éric Blanrue*


Bien que non diplômé d'histoire, Jean-Claude Pressac passa longtemps pour l'historien qui avait rivé le clou au professeur Faurisson. Pour la jouer fine, il affirmait à qui voulait l'entendre qu'il en avait été le proche collaborateur. Le détail était inexact. Mais ce petit mensonge eut pour conséquence de lui permettre d'acquérir une légitimité dans le camp des ennemis du professeur, qui ne perdaient pas de vue l'effet médiatique possible à retirer de l'exploitation d'un "ex", rallié à leur cause, langue pendante et avide d'une success story. C'est le genre de lapin qu'on aime sortir du chapeau. Le public en redemande.


Pharmacien de son état, Pressac fut révisionniste amateur. Pendant son temps libre, comme d'autres assemblent des maquettes de Junkers Ju 87 ou font de la randonnée dans le GR20, lui partait chercher de la documentation au musée d'Auschwitz, lieu sacré où Faurisson était grillé depuis longtemps. Pressac désirait se rendre utile et avait l'ambition d'écrire un roman sur la Seconde Guerre mondiale, si lyrique à ses yeux. Ce qui le caractérisait avant tout c'était sa fascination sans borne, son attrait passionnel pour le Troisième Reich, dont il collectionnait les reliques avec la dévotion d'une Mamma napolitaine pour le sang de saint Janvier. C'était le temps où certains se damnaient pour une dague SS authentique. Ce n'est pas diffamer Pressac que de dire qu'il était hitlérien de coeur, farouche antisémite, avec un carafon prédisposé aux théories complotistes. Ses opinions baroques n'eurent d'ailleurs pas l'air de gêner ses nouveaux amis, d'habitude vigilants, puisqu'ils l'embauchèrent aussi sec sans lui demander de camoufler le buste d'Adolf qui trônait à son domicile sous un portrait de Golda Meir. Quand on peut tout se permettre, on se le permet.


Désireux de marquer l'histoire comme un grand homme qu'il n'était pas puisque affligé d'une couardise qu'il avait peine à cacher, il prit soin, toute sa carrière durant, de ne pas ternir sa réputation en faisant des remarques intempestives sur des témoignages douteux de Survivants ou en prenant des initiatives à la façon de Germar Rudolf qui auraient pu déplaire à ses richissimes mécènes, lesquels l'auraient renvoyé aussitôt, avec pertes et fracas, rejoindre le décor saumâtre de sa pharmacie de banlieue, où il se serait morfondu en attendant le prochain arrivage de disques des chansons de la Wehrmacht qu'il écoutait dans une pièce insonorisée à cet effet.


Après sa rupture brutale avec Faurisson, qu'il considérait pourtant comme honnête homme à l'heure même où il était embauché par Pierre Vidal-Naquet pour mettre le professeur au tapis lors d'un colloque en Sorbonne, il a frayé avec des historiens juifs mondialement célèbres, a écrit des livres et participé à des réunions académiques sur le génocide juif, se forgeant la petite célébrité universitaire dont il avait toujours rêvé, en prétendant avoir découvert des "indices" ou des "traces" (et non des preuves) du gazage des juifs par les nazis. Il était l'homme inespéré, le Messie que Serge et Beate Klarsfeld n'osaient plus attendre.


Peu parmi ses relations de l'époque surent qu'en réalité, le Sauveur était tourmenté et restait toujours en contact étroit avec le révisionniste Pierre Guillaume, fondateur de la Vieille Taupe, organe majeur de contestation de l'orthodoxie. Mais après tout, qu'importe, Pressac "faisait le job", comme on dit, c'était l'essentiel.
À la veille de sa mort, ce qui ne saurait surprendre quand on connaît un peu la nature humaine, Pressac fit un retour discret vers ses premières amours révisionnistes, usant à ce titre de divers pseudonymes prudents qui ne pouvaient attenter à sa réputation ni à celle de sa famille. Mais c'était trop tard, il avait joué la partition qu'on attendait de lui. Elle avait comme un air d'Hatikvah :
Tant qu’au fond du cœur
l’âme juive vibre,
et dirigé vers les confins de l'Orient
un œil sur Sion observe...


On ne sut jamais vraiment s'il avait bluffé toute sa vie comme un joueur de poker ; s'il avait parfois joué double jeu - un coup révisionniste, un coup exterminationniste, je t'embrouille - ; s'il avait un jour été convaincu lui-même par ses propres théories ; ou encore s'il n'avait été qu'un petit notable d'extrême droite en quête de respectabilité sociale mais désirant faire "un coup".
Il reste certain qu'il avait un compte personnel à régler avec Faurisson, les deux hommes n'ayant jamais réussi à s'apprivoiser. L'intransigeant Faurisson, qui sait être féroce, lui reprochait de n'avoir pas le caractère nécessaire pour oser conclure avec franchise et logique un raisonnement élémentaire On sait, parce que Pressac l'a déclaré, que le courage n'était pas chez lui vertu cardinale. Faut-il en dire plus ? Je ne m'en mêlerai pas, je n'étais pas là pour témoigner.


On retiendra des travaux de Pressac qu'il a considérablement abaissé le nombre de juifs morts à Auschwitz, avec l'aval des historiens officiels qui l'ont produit, choyé, entouré et édité au CNRS. La prouesse n'est pas mince. Mais sa révision sur ce point qui n'est pas de détail n'a pas franchi la porte des écoles ni des universités, où son nom reste inconnu. On peut attendre longtemps, à la Sorbonne, l'amphithéâtre Pressac.
Si plus personne ne parle de Pressac aujourd'hui, à part Valérie Igounet (même le quotidien Le Monde n'a pas annoncé sa mort), chacun aura désormais sa petite idée sur la cause de ce silence gêné.


Le pire n'est-il pas, comme l'écrit Valérie Igounet page 291 de son dernier livre, que "les écrits de Jean-Claude Pressac, malgré les ambiguïtés de l'auteur, doivent être considérés comme une réponse au négationnisme", la seule alternative à celle-ci étant la censure de la loi Gayssot , avec la prison ferme qui l'accompagne ? Méditez sur ce point, belles âmes, car il en va de votre liberté de pensée, c'est-à-dire de votre Paradis !


Je terminerai par la question qui tue : pourquoi Igounet ne cite-t-elle pas dans son dernier livre sur Faurisson les propos de Jean-Claude Pressac qu'elle retranscrivait dans son Histoire du négationnisme en France (Seuil, 2000) ? Pressac y affirmait que le "dossier du système concentrationnaire", tel que nous le connaissons aujourd’hui, est "pourri". Il ajoutait que "la forme actuelle, pourtant triomphante, de la présentation de l'univers des camps est condamnée". Et il concluait enfin que la majeure partie de cette histoire est promise aux "POUBELLES DE L’HISTOIRE" !
Un réponse à cette interrogation, Mme Igounet ?
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