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::  Rahsaan
09/04/12 :: 14:36
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"Vienne le temps des cerises et des jours heureux..."
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D'aucuns se plaignent que la campagne présidentielle est morne et prévisible. Et si c'était plutôt eux, ces indéboulonnables commentateurs, qui étaient aussi prévisibles qu'un disque rayé ? Si c'était eux, les experts en sciences économiques, qui avaient perdu pied avec le monde d'aujourd'hui ? Et si leurs posture arrogante masquait leur déroute ?...


Les pharisiens d'aujourd'hui


On s'emmerde dans cette campagne -nous dit Daniel Cohn-Bendit. Les débats, à en croire Parick Bruel, ne sont pas d'un très bon niveau. Mélenchon refuse de venir sur RTL car il me boude, rapporte Jean-Michel Aphatie.


C'est le seul qui a du talent, Mélenchon, tout le monde le reconnaît. Il nous sort des débats moroses, des prestations convenues. Il mène la meilleure campagne, c'est certain mais, pour les experts com' qui tiennent lieu de commentateurs politiques, il n'a pas réellement envie de gouverner. Il a une veste anthracite et une cravate rouge -notent les conseillers en image- ce sont des symboles intéressants, mais il n'a pas l'ambition d'être élu. Il témoigne pour une gauche nostalgique. C'est sympathique, un peu désuet, émouvant comme d'écouter grand-papy nous raconter sa guerre... Il a de la chance, beaucoup de chances, jusqu'ici, mais cela ne durera pas au-delà du premier tour... Ses propositions ne tiendront pas face au nécessaire réalisme économique de l'Europe bruxelloise, celle des réglementation et des traités rédigés par des gens que personne n'a élus. Demain, fini les particularismes nationaux : le camembert, le munster ou la gauche à l'ancienne, tout ça, à la trappe ! Le fromage de Hollande pour tous !... De la bouillie aseptisée, post-nationale... On nous annonce tranquillement l'entrée dans une Europe automatisée, fonctionnant en circuits fermés, n'ayant de comptes à rendre à personne, vaste bureaucratie, libérale et planificatrice, dont nous serons les usagers reconnaissants. La France contre les bureaux...


Les plaintes et récriminations de ces divers témoins de la campagne témoignent surtout que ce sont eux, qui répètent toujours la même chose, et qu'ils n'ont pas su prendre la mesure de ce que représente le Front de gauche. Engoncés dans leurs ratiocinations, jouant toujours les mêmes vieilles scies, disant partout la Loi de leur petit monde à eux, ils sont ceux que certains nomment médiacrates, éditocrates ou enfumers professionnels. Ils se sentent à part du reste du pays, au-dessus de la mêlée, à rappeler les récalcitrants à l'orthodoxie du marché. Ce sont les pharisiens de notre temps.


La prédation libérale


Ils ne referont pas l'erreur de 2005 : faire voter les gens sur un traité constitutionnel, mais qu'est-ce qui leur a pris ? C'est un texte bien trop dense, bien trop technique, cousu avec tant d'amour par nos technocrates, pour le laisser entre les mains du vulgaire... Mettre la démocratie sur la place publique, et puis quoi encore ?... Plus question que Populo mette ses gros doigts sur nos si beaux textes réglementaires et dérégulateurs !


Bien sûr les gens sont inquiets... On ne peut pas leur donner tort. C'est vrai, la crise a fait du mal, nul ne peut le nier. Mais au fond, rassurez-vous, ça va servir à purger le Système... Couper quelques branches pourries de l'organigramme mondial, mettre sous les verrous une bande de charlots qui n'a pas respecté les règles du jeu. Une bonne vidange, en somme, et puis ça repart comme en l'an 2000 !


Ah, l'an 2000... Déjà si loin, mais il est si doux d'y reprenser. C'était la Belle Epoque... Entre la chute du mur de Berlin en 1989 et la crise des subprimes en 2008, l’idéologie libérale a tout balayé sur son passage. Même l’éclatement de la bulle Internet et le scandale Enron en 2000 n’ont pas entaché durablement l’optimisme, pour ne pas dire l’arrogance, des thuriféraires de la mondialisation marche forcée. C'était une lame de fond irresistible. Une orgie libérale, un gavage mondial, l'engraissement accéléré !... C’en était au fond fini de la politique. On n’avait plus qu’à gérer le monde en bons pères de famille, s'en remettre à des technocrates bienveillants... C'était l'arrivée du libéralisme gosplan. Les Nations, c'est ringard. Il y a maintenant les "territoires". La loi, c'est monolithique, alors que le contrat, c'est flexible, souple. L'État social, c'est soviétique. Le peuple, c'est moisi...


A cette tendre époque, les chantres de l’ordre établi ne manquaient pas. Parmi tout ce chœur d’experts, me revient en mémoire Jean-Marc Sylvestre (vous en souvient-il ?) et sa chronique quotidienne sur LCI : il nous chantonnait chaque jour pendant trois minutes les bienfaits de l’ordre économique. C’était à chaque fois comme une saynète, avec des personnages récurrents, aux rôles bien définis : les brillants technogestionnaires et patrons, qui réalisent de magnifiques fusions-acquisitions ; les politiciens, parfois utiles pour gérer les choses, mais souvent trop peu audacieux dans les « réformes » ; les chauffeurs de taxis, pas assez à l’heure (qui ne viendront pas se plaindre si leurs gosses n’ont pas de travail parce que le pays ne tourne plus rond) ; les chômeurs, grévistes, RMIstes et autres grugeurs d’allocations sociales -à mener à la baguette !


Une vision du monde bien structurée, hiérarchisée, vue depuis les hauteurs sublimes des élites qui, comme dit Christopher Lasch (La révolte des élites), ne fréquentent jamais les gens ordinaires de leur propre pays -et font tout pour les éviter.


Douce petite musique du réveil, que celle de ces chroniques économiques, accordée sur l’humeur de l’actualité : si un malheur frappait le monde, il fallait d’urgence libéraliser davantage ; si des gens protestaient, Jean-Marc devenait chagrin et même il se montrait colère : il fallait asséner une juste mais ferme leçon de pédagogie pour faire rentrer ces réfractaires dans le rang. Et si un jour, il ne se passait tout bonnement rien, ma foi, il fallait profiter de ce répit pour investir un peu, vendre quelques actions, feuilleter tranquillement les pages saumon de son Figaro.


Nous souffrons aujourd'hui non des engagements partisans, de la mauvaise foi mais de ce que ces opinions de classe se parent d'objectivité. Nous sommes étouffés par le règne des experts, tant des vrais qui prétendent gouverner scientifiquement, que des faux qui monopolisent le temps de parole alors que leur beau savoir n'est que l'expression de leurs intérêts. Intérêts qui sont eux-mêmes au service de leur simple désir de rester là le plus longtemps possible et se gaver encore un peu plus...


Le réalisme économique


Aujourd'hui, nos élites ont en apparence déchanté, mais elles ont toujours aussi faim. Leurs voix sont douces mais leurs politiques sont dures... Ils vous parlent de rigueur, d'austérité, de cure... Ils promettent des remèdes de cheval pour des maux dont ils sont responsables. Les Pythagoriciens, dans la Grèce antique, croyaient que le cosmos était bâti selon certaines mesures idéales, que les Nombres régissaient l'univers... On peut trouver cela arriéré, folklorique, bien peu scientifique, mais souvenez-nous-en la prochaine fois qu'un éditorialiste, pour qui quand même les chiffres ne mentent pas, vous réduira l'économie française à un tableau Excel.


La realpolitik économique, aujourd'hui, est une logique pure et simple de prédation : 1) Vous prenez un pays considéré comme solvable, mais obligé de s'endetter. 2) Vous l'obligez à contracter des dettes, au-delà même de ce qu'il demande (collusion des dirigeants et des financiers). 3) Vous le pressurez tant et si bien qu'il ne peut rembourser. 4) Vous le serrez à la gorge jusqu'à ce qu'il soit à genoux. 5) Vous relâchez un peu la pression, montrant par là que vous êtes généreux et humain, que vous allez un peu renégocier la dette. 6) Vous exigez encore plus de démantèlement des services publics et vous continuez la saignée. La science économique, 90% du temps, n'est que la justification de cette politique du loup envers l'agneau. C'est bien comme ça qu'ils s'y sont pris en Grèce... Ah non, pardon, on me souffle dans l'oreillette que c'est parce que les Grecs grugent les impôts...


Oui, heureusement, nous avons des institutions respectacles, telles que Science Po ou le FMI, pour expliquer cela posément et doctement. Les voix sont douces et leurs politiques sont dures...


Et le comble, c'est qu'on reproche à Mélenchon ses outrances ("leur système pourri"), ses sorties fracassantes ("le capitaine de pédalo"), son intolérance envers les journalistes ("tu fermes ta petite bouche")... On peut avoir bonne haleine et bonne conscience en se couchant le soir, disait Paul Nizan, et être le suppôt des pires politiques de répression. On peut à l'inverse être colérique, caractériel, et être -j'en suis sûr- plein d'humanité, d'humour et de générosité. Sa voix est dure mais ses espoirs sont bien plus doux.


Oui, c'est très bien que Mélenchon ne renie pas son côté méridional, qu'il tranche avec le style Science-Po / ENA auquel est largement formaté le personnel politique. Les brutes ne sont pas ceux qu'on croit : à la fin d'un meeting, Mélenchon lisait d'ailleurs ce passage des Misérables où Victor Hugo distingue entre les civilisés de la barbarie, qui à mots couverts vous expliquent pourquoi il faut se soumettre, et les barbares de la civilisation, les révolutionnaires, qui ont l'air mal élevé et ne respectent pas les codes de bienséance des belles personnes parfumées... De leur sang neuf, ils régénèrent un pays, font s'écrouler les institutions vermoulues. (C'est vrai que le le Hugo de Mélenchon est plus proche de Vallès que ne l'était l'original, qui n'était pas si véhément politiquement... Mélenchon a réinventé un Hugo d'extrême-gauche, un Hugo communard...)


Il faut bien comprendre ce qu'il y a derrière les apparences propres des membres de la nomenklatura. Quand ils s'adressent à vous, propres, aseptisés, depuis leurs plateaux télés dans des buildings sécurisés par quatre digicodes et trois cloisons de plexiglass, ils viennent vous inculquer ce qu'il faut croire sur le monde économique. Derrière leur pseudo-science et leurs savoirs d'experts, ils prêchent l'impuissance, la résignation, le dos rond... Entendons-nous bien : la résignation -pour les autres ! Parce que pour eux, c'est au contraire bombance, Byzance ! Leur problème, c'est de conserver un trésor de guerre pour tenir en cas de coup dur. C'est ça, le fin du fon de leur science économique : amasser des fortunes et faire honte aux ouvrières qui demandent 5% d'augmentation.


Ce qui les intéresse juste, c'est la perpétuation de leur système fondé sur la cupidité. Quand ils disent que le programme du Front de Gauche est irréaliste, il faut comprendre que pour eux, le "réalisme", c'est le maintien de leur position privilégiée. Celle-ci n'est pas foncièrement compatible avec la démocratie, ni avec l'exercice d'une politique digne de ce nom -si on entend que le politique part justement du refus de la fatalité. Si Sarkozy et Bayrou n'ont rien de mieux à proposer que de rembourser la dette, qu'ils laissent leur candidature à un gestionnaire envoyé par Bruxelles ! Qu'ils mettent à la tête des ministères une équipe de cost-killers Américains et pendant ce temps, qu'ils aillent à la pêche ! Qu'on installe un organisme de credit-revolving à Bercy. On y verra plus clair...


Finale de la coupe de France : les marchés VS le... par PlaceauPeuple
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Notes :
Confirmation: Mélenchon conforté à 15%, Marrane Le Pen à 13%.


Les candidats de gauche progressent alors que le centriste François Bayrou, "victime des appels au vote utile" du candidat PS, est en net recul à 18 jours du premier tour de l'élection présidentielle, d'après un sondage CSA pour BFM TV, RMC, 20 Minutes et CSC publié mercredi soir.


Nicolas Sarkozy est stable et arrive en tête du premier tour, avec 30% de voix.


François Bayrou, crédité de 10% d'intention de vote, perd 2,5 points par rapport à la semaine dernière. François Hollande progresse pour sa part de 3 points, à 29%, et le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon gagne 2,5 points, à 15%, confirmant sa position de "troisième homme" atteinte dans plusieurs études.


La présidente du Front national Marine Le Pen perd quant à elle deux points et arrive en quatrième position (13%), tandis que l'écologiste Eva Joly recueille 1,5% des voix.


"On constate une hausse simultanée du score de Jean-Luc Mélenchon et de celui de François Hollande, sur fond d'affaissement du centre", écrit l'institut CSA dans un communiqué.


"Désormais en cinquième position, le candidat centriste voit nombre de ses électeurs potentiels aller au secours du vote anti-Sarkozy le plus puissant", ajoute-t-il, indiquant que la part des électeurs ayant voté François Bayrou en 2007 et choisissant François Hollande au premier tour a augmenté de 22 points en une semaine.


Dans l'hypothèse d'un duel entre les candidats PS et UMP au deuxième tour, François Hollande est donné gagnant avec 54% d'intentions de vote contre 46% pour Nicolas Sarkozy.
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L'HEURE APPROCHE


http://cestquandquilpartsarko.fr/
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