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| Sarkozy et l'argent-roi |
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Lors de la polémique qui s'était élevée après que le milliardaire breton Vincent Bolloré ait offert gracieusement son yacht de nabab et son jet de satrape au nouveau président Sarkozy, en mai à Malte et en décembre 2007 en Egypte, il avait été affirmé par certains que cette amitié était purement désintéressée de la part du généreux milliardaire, qui n'en attendait assurément pas la moindre contrepartie....
A ce sujet un passionnant ouvrage qui vient de paraître en mai 2008, "Sarkozy et l'argent- roi" de Renaud Dély et Didier Hassoux chez Calmann-Lévy, fournit des précisions qui ne peuvent manquer d'intéresser les âmes naïves. J'en cite quelques extraits: (pages 152 et suivantes) " Mais depuis que Sarkozy est à l'Elysée c'est le cas de Vincent Bolloré qui illustre le mieux cette politique du renvoi d'ascenseur. Si l'industriel avance son avion ou son yacht pour rendre service au chef de l'Etat, ces menus cadeaux relèvent de l'investissement. Nicolas Sarkozy n'est pas un ingrat. Depuis qu'il est à l'Elysée il ne manque pas une occasion de se transformer, au gré de ses rencontres officielles et de ses déplacements l'étranger, en VRP efficace pour vanter les produits de son ami patron.Ainsi en septembre 2007 lorsque Nelson Mandela, de passage Paris, est reçu rue du Faubourg Saint-Honoré, Vincent Bolloré, qui soutient l'expédition hexagonale de l'ancien président sud- africain, est là, dans l'ombre du Président, tout juste deux pas derrière.L'Afrique, et notamment l'Afrique du Sud, est une place forte commerciale stratégique pour son groupe.
En décembre 2007 lors du sommet Europe- Afrique qui se tient à Lisbonne, Nicolas Sarkozy a profité d'une entrevue impromptue avec son homologue togolais Faure Gnassinghé, pour "faire l'article". Et inciter le chef d'Etat africain à traiter avec son "pote Bolloré" pour la gestion du port de Lomé. etc...(suivent d'autres exemples concrets d'interventions directes du président Sarkozy en faveur de V. Bolloré auprès du président du Cameroun Paul Biya pour faire attribuer à Bolloré la construction d'une ligne de 800 km de chemin de fer, du président sénégalais Abdoulaye Wade, du Gabonais Omar Bongo...(...)
"Quand on interroge l'Elysée à ce sujet la réponse est immuable: "Il n'y a rien de mal à ce que le Président français défende les intérêts des groupes français à l'étranger ! Vous préféreriez qu'il fasse la pub de Volkswagen ou de Fiat ?" Rien de mal en effet. Surtout si ces groupes français sont détenus par de bons amis fort généreux..."
La question que l'on peut se poser est : le président Sarkozy fait-il personnellement auprès des chefs d'Etat étrangers la pub de tous les groupes industriels français et de leurs P.-DG, ou seulement des P.-DG et des groupes qui font partie de ses amis personnels ? Car les P.-DG des groupes français n'appartiennent pas en totalité au cercle des amis personnels du président et que l'on sache tous ne lui offrent pas résidences fastueuses, châteaux, yachts et avions privés pour ses vacances et déplacements divers.ça ferait du reste beaucoup trop de monde pour le président, qui ne suffirait pas à la tâche.
Alors, pour les P.-DG qui ne sont pas des amis personnels du président et ne lui font pas de cadeaux, comment ça se passe? Ils sont bien à plaindre.
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