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| Kémi Séba et le Mouvement des Damnés de l'Impérialisme |
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| Le capitalisme sénile et la fin de la civilisation bourgeoise (5/5) |
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Par Samir Amin, économiste et président du World Forum for Alternatives. Dernier épisode de la série sur la fin de la civilisation bourgeoise, où l'on voit que le phénomène décrit n'est pas passager, et correspond même à la fin d'une civilisation toute entière.
Les caractères des nouvelles classes dominantes décrits ici ne sont pas de la nature de phénomènes conjoncturels passagers. Ils correspondent rigoureusement aux exigences de fonctionnement du capitalisme contemporain.
La civilisation bourgeoise – comme toute civilisation – ne se réduit pas à la logique de la reproduction de son système économique. Elle intégrait un volet idéologique et moral : l'éloge de l'initiative individuelle certes, mais aussi l'honnêteté et le respect du droit, voire la solidarité avec le peuple exprimée au moins au niveau national. Ce système de valeurs assurait une certaine stabilité à la reproduction sociale dans son ensemble, empreignait le monde des représentants politiques à son service.
Inculture et vulgarité des «dominants» Ce système de valeurs est en voie de disparition. Pour faire place à un système sans valeurs. Beaucoup de phénomènes visibles témoignent de cette transformation : un Président des États-Unis criminel, des pitres à la tête d'États européens (Berlusconi, Sarkozy, les jumeaux polonais etc.), des autocrates sans envergure dans nombre de pays du Sud qui ne sont pas des «despotes éclairés» mais des despotes tout court, des ambitieux obscurantistes (les Talibans, les «sectes» chrétiennes et autres, les esclavagistes bouddhistes). Tous sont des admirateurs sans réserve du «modèle américain». L'inculture et la vulgarité caractérisent une majorité croissante de ce monde des «dominants».
Une évolution dramatique de cette nature annonce la fin d'une civilisation. Elle reproduit ce qu'on a déjà vu se manifester dans l'histoire dans les époques de décadence. Un «monde nouveau» est en voie de construction. Mais non pas celui (meilleur) qu'appellent de leurs vœux beaucoup de mouvements sociaux naïfs qui certes mesurent l'ampleur des dégâts mais n'en comprennent pas les causes. Un monde bien pire que celui à travers lequel la civilisation bourgeoisie s'était imposée. Pour toutes ces raisons, je considère que le capitalisme contemporain des oligopoles doit être désormais qualifié de sénile, quelles que soient ses succès immédiats apparents, car il s'agit de succès qui enfoncent dans la voie d'une nouvelle barbarie.
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