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Véronique Anger-de Friberg * |
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| Climato-scepticisme : Galilée convoqué devant le Saint-Office ? |
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Les scientifiques climato-sceptiques seront-ils contraints, comme Galilée en 1633, d’abjurer à genoux la formule prévue par le Saint-Office ? Devront-ils faire eux aussi leur profession de Foi et déclarer sur les Saints-Evangiles du « réchauffisme » qu’ils jurent qu’ils tiennent, et tiendront toujours pour vrai, avec l’aide du dieu écolomaniaque, tout ce que la Sainte Eglise affirme, présente et enseigne ? Décidément, l’écologie est une chose trop sérieuse* pour la confier aux seuls écologistes surtout s’ils sont climatologues…
Au nombre des « scientifiques compétents en sciences du climat » (pour reprendre les termes consacrés) signataires de l’appel initié par la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, citons les plus médiatisés, le climatologue Hervé Le Treut et le climatologue et géochimiste Jean Jouzel. « Anti-sceptiques » virulents(1), Le Treut, Jouzel et Masson-Delmotte sont tous membres du Groupe International d’Experts Intergouvernemental (le fameux GIEC). Plus intéressant encore, depuis près de dix ans, chacun d’entre eux a tout misé sur la démonstration de la réalité du réchauffement d’origine humaine pour asseoir sa carrière et sa réputation scientifiques. Une carrière qui risque fort de connaître un ralentissement -et les budgets, des coupes sévères- en raison des révélations publiques sur les « erreurs » à répétition du GIEC. Pour ces chercheurs qui soutiennent le GIEC et ses thèses alarmistes sur le réchauffement, empêcher les « hérétiques » de s’exprimer devient une question de survie. Il y va de leur crédibilité et de leur intégrité. Et cette tentative désespérée de faire taire les voix qui s’opposent au discours officiel, dicté par le GIEC à la communauté scientifique mondiale, résonne déjà comme le chant du cygne… Le retour de la censure et de la mise à l’index ?
Ainsi, 275 personnes (dont la signature n’engage pas leur organisme de tutelle) se sont laissé embarquer, plus ou moins de bonne foi, dans une croisade contre les climato-sceptiques. Car il s’agit bien d’une guerre de religion opposant croyants et non croyants si l’on se réfère à la « profession de Foi » de cette lettre ouverte, ou plutôt de cette « pétition ». Un texte qui sera adressé le 7 avril prochain par courrier recommandé (juste avant sa mise en ligne sur le Net) à : Mme la ministre de la Recherche, M. le directeur de la Recherche, M. le président de l’agence d’évaluation de la Recherche, M. le président de l’académie des Sciences, M. Le président directeur général du CNRS, MM. Les directeurs et directeurs adjoints de l’INSU et l’INEE du CNRS et enfin à M. le président du comité d’Ethique du CNRS. Il ne manque plus que le pape Benoît XVI pour que la liste soit tout à fait complète…
Titrant « Ethique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte » (ce texte -qui circule en privé parmi les chercheurs mais sur un lien ouvert- ainsi que la liste des signataires, sont visibles sur le site du club des argonautes et reproduits à la fin de cet article) les chantres scientifiques du « réchauffisme » rappellent le dogme et exigent du Saint-Office(2) (les hautes instances citées plus haut et sollicitées pour prendre position) qu’elles obligent les scientifiques à se conformer à la Règle sous peine d’une mise à l’index…
« Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs, membres actifs de l’académie des Sciences, dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internatinale, criant à l’imposture scientifique, comme le fait Claude Allègre dans L’imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010) pointant les prétendues « erreurs du GIEC », comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) dans son séminaire de rentrée de l’IPGP(…). ». Revoilà les bêtes noires(3) des alarmistes… Il faut décapiter les hérauts du climato-scepticisme, ou peut-être brûler vifs ces hérétiques sur un bûcher ? Au train où vont les choses, cela ne saurait tarder : il suffirait que le Saint-Office donne raison à ces inquisiteurs des Temps modernes… Mais il faudra alors allumer, non pas deux, mais des dizaines de milliers de bûchers car plus de quarante mille scientifiques(4) dans le monde ont déjà signé des pétitions, appels ou lettres ouvertes, pour alerter les gouvernements de leur pays sur les dangers du catastrophisme ambiant et les mettre en garde contre les extrapolations non scientifiques de certains travaux.
Le GIEC n’est plus vraiment en odeur de sainteté auprès des politiques, et les alarmistes n’ont plus le vent en poupe dans l’opinion publique depuis le fiasco du sommet de Copenhague, il semble donc peu probable que les hautes instances souhaitent se fourvoyer dans ce qui s’apparente plus à une tentative de cabale qu’à un véritable appel à l’aide pour faire respecter l’éthique scientifique. Les signataires l’affirment : « Dans tous les cas, la publication de ces affirmations témoigne d’un sentiment d’impunité totale de la part de leurs auteurs. ». Un « sentiment d’impunité totale »… voyez-vous ça... serions-nous revenus à l’époque où la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Rome accordait aux savants des dispenses pour accréditer leurs travaux ? Les scientifiques climato-sceptiques seront-ils contraints, comme Galilée(5) en 1633, d’abjurer à genoux la formule prévue par la censure du Saint-Office, des inquisiteurs généraux et de leurs cardinaux ? Devront-ils faire eux aussi leur profession de Foi et déclarer sur les Saints-Evangiles du « réchauffisme » qu’ils jurent qu’ils tiennent, et tiendront toujours pour vrai, avec l’aide du dieu écolomaniaque(6), tout ce que la Sainte Eglise affirme, présente et enseigne ? Décidément, l’écologie est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls écologistes surtout s’ils sont climatologues…
Un combat politique pour la décroissance… au nom de la science !
A l’heure où les plus gros émetteurs de CO2 (la Chine est le premier producteur d’éolien et les Etats-Unis investit massivement dans les énergies durables) la vieille Europe -et tout particulièrement la France (empêtrée avec sa taxe carbone...)- ont laissé des scientifiques idéologues discréditer la communauté scientifique aux yeux des élites dirigeantes et du public en utilisant la science -au nom du réchauffement climatique, du principe de précaution et des générations futures- pour servir une cause politique : leur combat pour la décroissance. Des chercheurs climato-alarmistes qui, en refusant le doute scientifique émis par leurs pairs, ont aussi trahi la science et le « pacte moral qui relie les scientifiques et la société ».
A ces scientifiques qui ont une notion dogmatique, religieuse même, de la vérité scientifique, je me permets de rappeler la définition du principe de précaution dont ils se réclament. Définition, publiée dans le Rapport sur le principe de précaution rédigé par le groupe d’experts de l’UNESCO et adoptée par la Commission Mondiale d’Ethique des Connaissances Scientifiques et des Technologies (COMEST) : « Il faut que les scientifiques modèrent l’ambition irréalisable de quantifier sérieusement tous les risques et qu’ils s’orientent vers une ambition plus modeste consistant à caractériser les dangers sous-jacents.(…) L’évaluation des risques et la fixation d’une politique doivent par conséquent avoir l’assentiment du public et bénéficier de sa participation. ». Le principe de précaution, appliqué à tort et à travers, est un frein au progrès parce qu’il n’y a pas de progrès possible sans prise de risque. Il n’est jamais trop tard pour faire son mea culpa... ________________
(1) Les figures de proue des signataires de cette « lettre ouverte » : - Né en 1947, Jean Jouzel, climatologue, géochimiste, est l’ancien directeur de l’institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (UVSQ-CEA-CNRS), directeur de recherche au commissariat à l’énergie atomique. Il a été vice-président du premier goupe de travail du GIEC sur les principes physiques et écologiques du changement climatique. De même que tous les autres scientifiques membres du GIEC, il partage avec Al Gore et le président du GIEC Rajendra Pachauri le prix Nobel de la paix 2007. - Né en 1956, Hervé Le Treut, climatologue, spécialiste de la modélisation numérique du système climatique et des évolutions futures du climat. Ses travaux ont donné lieu à une centaine de publications. Il est membre de l’académie des Sciences, directeur de l’institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), professeur de mécanique à l’école Polytechnique. Il a publié Nouveau climat sur la terre : comprendre, prédire, réagir (Flammarion, 2009) et L’effet de serre, allons-nous changer le climat ? ( Flammarion, Poche 2009) avec Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialiste de l’énergie et du climat, connu pour ses idées « réchauffistes », Réchauffement climatique avec Lionel Charles (Syllepse éd., 2006), Le changement climatique avec Guy Jacques (Eds Unesco, 2004), Effet de serre avec Jean-Marc Jancovici (Dictionnaire et encyclopédie poche, Flammarion, 2001). Sa communication grand public est axée sur la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement climatique. - Née en 1971, paléoclimatologue ingénieur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), Valérie Masson-Delmotte, qui est à l’initiative de cette pétition, ne bénéficie certes pas de la notoriété des personnes qu’elle cherche à atteindre à travers cette pétition. Inconnue du grand public, son œuvre de vulgarisation scientifique se limite à quelques livres pour la jeunesse publiés par Le Pommier dans sa collection MiniPommes : Atmosphère, quel effet de serre ! (2009), Le climat de nos ancêtres à nos enfants (2005) ou Atmosphère, atmosphère (2008). Cet ouvrage (si l’on se réfère au mot de l’éditeur) « entre fiction et documentaire, aborde les enjeux liés au climat. Un habitant venu du futur enseignera bien des choses sur les changements climatiques. ». (2) La Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Rome (dit Saint-Office) fondée sous le nom de Sacrée congrégation de l’inquisition romaine et universelle par le pape Paul III dans la bulle Licet ab initio le 21 juillet 1542, Cette congrégation avait pour mission de définir et lutter contre les hérésies. (3) Claude Allègre est géophysicien, géochimiste, ancien ministre de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Jospin de 1997 à 2000, membre de l’académie des Sciences. Médaille Fields, médaille d’or du CNRS, prix Crafoord pour la géologie, médaille Wollaston. Dernier titre publié : L’imposture climatique, ou la fausse écologie (avec Dominique de Montvalon. Plon, février 2010). Vincent Courtillot est géophysicien, spécialiste du paléomagnétisme, professeur de géophysique à l’université Paris-Diderot, membre de l’académie des Sciences, directeur de l’Institut du Globe de Paris (IPGP). Ses recherches actuelles s’orientent vers la modélisation des conséquences climatiques des grands "traps" (plateaux basaltiques). Il est l’auteur de nombreuses publications scientifiques (dont 7 publications sur le climat passées par le filtre standard des publications scientifiques, avec Jean-Louis Le Mouël. Cf : "Publications les plus représentatives" sur le site de l’académie des Sciences). Dernier ouvrage publié : Nouveau voyage au centre de la terre (Odile Jacob, septembre 2009). Plus d’infos sur son Blog. (4) Plus de 40.000 chercheurs dans le monde ont signé des pétitions, appels ou lettres ouvertes pour alerter les gouvernements de leur pays sur les dangers du catastrophisme ambiant et les mettre en garde contre les extrapolations non scientifiques de certains travaux (sources : Annexes de La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! et le site de Climat-sceptique) : • Global warming petition (pétition de l’Oregon) : 31.000 Scientifiques declarent que le réchauffement climatique est un mensonge sans fondement scientifique (OISM) • 4.000 Scientifiques signent L’appel de Heidelberg (Science & Environmental Policy Project) • 500 Scientifiques émettent des doutes sur le réchauffement climatique anthropogénique (Heartland Institute) • 400 Scientifiques éminents ont contesté le réchauffement climatique anthropogénique en 2007 (US Senate Committee on Environment & Public Works) • 150 scientifiques, économistes et théologiens signent une lettre ouverte adressée aux signataires de Changement climatique : Un appel évangélique pour l’action (ISA) • 105 Scientifiques signent la Déclaration de Leipzig sur le changement climatique global (Science & Environmental Policy Project) • 100 Scientifiques signent une Lettre ouverte au Secrétaire Général des Nations Unies (National Post, Canada) • 77 scientifiques sceptiques (Business and Media Institute) • 60 Scientifiques en appellent à Harper Pour un réexamen de la science du réchauffement global (Financial Post, Canada) • 47 Scientifiques signent la Déclaration par des scientifiques de l’atmosphère sur le réchauffement par effet de serre (Science & Environmental Policy Project) • 41 scientifiques démontent l’alerte au réchauffement climatique (The Daily Telegraph, UK) • 35 scientifiques sceptiques : Les « négationnistes » (National Post, Canada) (5) Physicien, astronome italien (1564-1642), père de l’observation astronomique et de la physique moderne, Galileo Galilei dit Galilée est célèbre pour avoir soutenu une conception copernicienne de l’univers, ce qui l’a voué aux gémonies des partisans du géocentrisme et de l’Eglise catholique romaine comme chacun sait. Il laisse à la postérité son livre Le dialogue sur les deux grands systèmes du monde commandé par le pape Urbain VIII vers 1620 et publié en 1632, dans lequel il soutient la thèse héliocentrique alors interdite par l’Eglise catholique. (6) Aboutissement d’une réflexion initiée il y a plusieurs années, par l’article « Claude Allègre, hérétique ? », j’ai abordé le thème de l’écolomania dans une trentaine d’articles. Dans mon dernier essai, La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! (publié aux éditions L’Arganier en novembre 2009 et en version intégrale sur Calaméo depuis le 15 mars 2010) je tente de décrypter « l’écolomania » sous l’angle religieux. N’étant pas scientifique, le propos n’est pas un plaidoyer pour ou contre les thèses sur le réchauffement climatique, mais bien une analyse sur la montée de ce qui ressemble de plus en plus à l’émergence d’une nouvelle intolérance d’ordre religieux. Les questions principales sont : Doit-on accepter sous couvert de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? A qui profite l’écolomania ? Ma vidéo de présentation du livre. Plus d’infos sur le livre. Lire aussi : - « Variations sur le thème de l’écolomania » - « Pr Henri Atlan : La religion de la catastrophe » - Le point de vue de Marcel Leroux, climato-sceptique (décédé en 2008). - « Sur le réchauffement climatique » exposé à Nantes de Vincent Courtillot (septembre 2009) - Serge Galam : « Le réchauffement n’est pas scientifiquement prouvé ». Son dernier livre : Les scientifiques ont perdu le Nord (Plon, 2008) - Benoît Rittaud : « Jean Jouzel en panne d’arguments contre « Le Mythe climatique » et son dernier livre : Le mythe climatique (Seuil, 2010).
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